A. BLONDELOT (Glance) : «Les programmes les plus consommés par les enfants sur les plateformes sont issus de la TV linéaire»

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Animation, divertissement et événements en direct séduisent les plus jeunes à la télévision et sur les plateformes. C’est ce qu’explique Glance (Médiamétrie) à l’occasion du MIPJunior. Détails et analyse avec Avril BLONDELOT, Directrice Content Insight chez Glance.

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Le secteur de la jeunesse se porte bien. Quelle est la tendance émergente ?

Avril BLONDELOT

Le sport et le divertissement regardés par les enfants sur les chaînes généralistes sont deux tendances observées dans le Kids TV Report. Les programmes de ce type fédèrent parents et enfants. C’est bien la preuve que les jeunes ne regardent pas uniquement des contenus créés spécifiquement pour eux. L’écoute conjointe des programmes a été beaucoup plus forte avec le Covid et cela semble perdurer. Dans la structure d’audience, les parts de marché sur les 4-10 ans sont assez importantes, en France notamment. Pour les professionnels de la jeunesse, des opportunités de décliner des formats de divertissements reconnus existent. C’est le cas de «Ninja Warrior» version junior sur Super RTL et la chaîne YouTube Universal Kids, ou encore de «Lego Masters» sur Boing aux États-Unis.

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Est-ce une solution de facilité pour les chaînes traditionnelles ?

Avril BLONDELOT

C’est l’opportunité d’aller chercher le public partout où il se trouve. Quand on voit que les enfants réagissent très favorablement à certains formats, il faut leur servir ce qu’ils aiment. Nous avons étudié le cas de «Il collegio» en Italie sur la Rai 2, l’adaptation du format britannique «That’ll Teach», dont l’audience s’est construite au fil des années. Juste après la saison 3, les enfants représentaient 21% de l’audience sur Rai 2. Le programme a basculé sur Rai Gulp, la chaîne jeunesse italienne et le temps passé par les enfants à regarder la chaîne a fortement progressé. Les chaînes réfléchissent davantage en stratégie multiplateformes.

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Le direct est-il un vrai vecteur d’audience chez les enfants ?

Avril BLONDELOT

Les audiences les plus larges se font toujours sur le direct, y compris pour les plus jeunes. Le ressort du live ne se limite pas au sport, il touche aussi le divertissement à travers une écoute conjointe.

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Le digital est-il une source d’inspiration pour les chaînes de télévision ?

Avril BLONDELOT

Cela fait un moment que l’on observe le phénomène. A l’inverse, des célébrités d’internet sont ravies de vivre ailleurs que sur la toile, notamment à la TV. Par exemple, «The Moshaya Family Animation» est la version animée en 13 épisodes d’un programme présent sur YouTube. 

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Quelle est la particularité des programmes jeunesse consommés sur les plateformes ?

Avril BLONDELOT

Les enfants consomment en priorité des programmes qu’ils connaissent. Pour la grande majorité, ce sont des marques issues de la télévision linéaire. Dans les familles allemandes, italiennes, espagnoles ou britanniques, les trois premières séries les plus regardées sur Netflix sont les mêmes franchises à succès qu’à la télévision : «Peppa Pig», «Teen Titans Go!» et «Paw Patrol». De la même manière, quand des acteurs de la SVOD commissionnent des originaux, ils vont être assurés d’avoir une marque forte. C’est le cas de «Oggy Oggy» (156X7′) sur Netflix, la nouvelle série dérivée en images de synthèse de la franchise emblématique de Xilam «Oggy et les cafards», qui s’adresse au public préscolaire.

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Quelle tendance pour les séries d’animation ?

Avril BLONDELOT

En France, nous avons une culture de l’animation puisque nous avons les moyens de la financer. Ce n’est pas le cas de tous les pays. La tendance observée depuis 1 an, c’est le raccourcissement des formats. Les programmes de moins de 10’ ont plus que doublé. Les séries de 10 à 15’ sont beaucoup plus fréquentes.