A. NGATCHA (France Télévisions) : « Sur les opérations spéciales, le défi est de ne pas reproduire ce que l’on a déjà fait »

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Après «Aux arbres, citoyens !», France Télévisions, activement engagé sur les enjeux liés au réchauffement climatique, propose sur France 2 une nouvelle soirée événementielle consacrée à l’océan, présentée par Léa Salamé et Hugo Clément, avec comme grand témoin Maud Fontenoy, entourés de Julian Bugier, Diego Buñuel, Christophe Dechavanne, Valérie Filain, et Laury Thilleman. Une émission en direct et en public, en collaboration avec France Nature Environnement, et en partenariat avec France Inter. Entretien avec Arnaud NGACHA, Directeur des opérations spéciales de France Télévisions.

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En quoi consiste votre rôle à France Télévisions ?

ARNAUD NGATCHA

Mon travail consiste à identifier des thèmes pertinents pour créer d’importantes initiatives centrées sur des problématiques qui influencent la société française. Ces thèmes sont distincts de ceux abordés habituellement dans nos programmes. Généralement, nous organisons plusieurs initiatives chaque année, en fonction des sujets d’actualité. Nous établissons aussi de grandes lignes éditoriales qui sont ensuite adoptées par l’ensemble du groupe.

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La thématique environnementale est tout de même récurrente…

ARNAUD NGATCHA

Un bon exemple est en effet «L’émission pour la Terre» que nous avions produite en 2019. L’environnement illustre assez bien ce que l’on entend par opération spéciale dans un groupe. Il illustre le processus de réflexion de la direction pour aborder un sujet complexe et le transformer en un sujet d’importance sociale, y compris au sein de notre entreprise. Cela se traduit aujourd’hui par notre Prime Time: «Les super-pouvoirs de l’Océan» (Morgane Production).

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D’où vient l’idée de ce Prime ? Comment a été conçu «Les super-pouvoirs de l’Océan» ?

ARNAUD NGATCHA

Après la diffusion de l’émission «Aux arbres citoyens» en 2022, nous avions constaté son impact considérable : 2 M€ récoltés, 39 projets soutenus et 13 régions aidées. Stéphane Sitbon-Gomez m’a confié qu’il n’avait jamais reçu autant de SMS et d’e-mails pendant et après sa diffusion. Ce sont des rendez-vous où le public et un certain nombre d’écosystèmes se mobilisent. La direction a pris l’engagement de poursuivre tous les ans un grand Prime événementiel sur une thématique spéciale. C’est un marqueur de service public. A part nous, personne ne se mobilise ainsi.

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Pourquoi avoir choisi les océans ?

ARNAUD NGATCHA

D’abord parce qu’il y a eu le succès mondial du film «Avatar» qui a touché quelque chose de profond en nous, au-delà de son aspect spectaculaire. De plus, il y a un contexte international important sur les océans. Ils n’ont jamais été aussi chauds qu’en 2023, remettant en cause l’équilibre de la planète. Il est au cœur d’enjeux planétaires, en particulier la régulation du climat, en absorbant plus du quart du CO2 produit par les activités humaines, le maintien de la biodiversité et la préservation de ressources essentielles à nos vies.

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Quels ont été les grands défis dans la conception du Prime ?

ARNAUD NGATCHA

Le principal challenge était de ne pas reproduire ce que l’on a déjà fait auparavant. Deux principes ont orienté notre approche : retrouver la notion d’engagement tel que nous l’avions eu sur «Aux arbres citoyen» avec un impact de mobilisation. Le second principe était d’élargir notre public. Nous avons rapidement choisi l’incarnation : Léa Salamé accompagnée du spécialiste Hugo Clément et de Maud Fontenoy en tant que grand témoin. Je tenais également à une approche collégiale, avec une bande autour d’eux. Chacun d’eux représente nos orientations éditoriales: Julian Bugier, Diego Buñuel, Christophe Dechavanne, Valérie Filain et Laury Thilleman.

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Les retours du public sont-ils intégrés dans la planification de ces opérations spéciales ?

ARNAUD NGATCHA

Oui, absolument. C’est également pour cette raison que j’ai souhaité impliquer les téléspectateurs en intégrant un quiz interactif. Ce jeu, animé par Léa Salamé et Christophe Dechavanne, offrira une dynamique ludique à l’émission. Il faut qu’il y ait assurément des ressorts de télévision. Derrière cette tâche, nous travaillons l’impact de ces opérations spéciales sur l’image de marque et la notoriété de France Télévisions.

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Quelle place occupent les partenariats et les collaborations dans la création de ces opérations spéciales ?

ARNAUD NGATCHA

S’il y a une chose que je ne veux pas : c’est être institutionnel. Nous voulons éviter d’être une émission pour spécialistes. Cependant, nous collaborons avec des partenaires tels que France Nature Environnement. Ensemble, nous sélectionnons les associations à soutenir et nous impliquons dans la gestion de la distribution des fonds collectés. Nous avons également choisi de collaborer avec l’UNESCO et France Inter.

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Comment voyez-vous l’avenir des opérations spéciales à France Télévisions ?

ARNAUD NGATCHA

Un groupe de service public dédié à des missions d’intérêt général doit s’unir et s’engager pleinement autour de grandes causes. Cela nécessite la création de moments marquants et fédérateurs. La direction des opérations spéciales, en place depuis cinq ans, a réalisé de nombreuses initiatives majeures. Parmi celles-ci, nos grands concerts ont eu un écho particulier, comme «Unis pour l’Ukraine», «Unis face au séisme» en soutien aux victimes du tremblement de terre en Turquie, ou encore «Notre-Dame de Paris, le grand concert».

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Quelles seront les prochaines opérations ?

ARNAUD NGATCHA

Le prochain projet que nous soumettrons à la direction se concentrera sur la protection animale. Nous prévoyons d’impliquer Stéphane Bern dans ce projet, et nous devrions le lancer prochainement.