A. PIWNIK (My Fantasy) : «Les budgets des web-séries atteignent les budgets dédiés aux antennes»

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Filiale de 2P2L dédiée à la fiction et aux nouvelles écritures, comment se déploie My Fantasy ?

Antoine PIWNIK
Dès sa création il y a cinq ans, notre structure s’est spécialisée dans la production de fictions dont les webséries. Avec le temps, nous nous sommes élargis sur les nouvelles écritures. Nous avons d’ailleurs collaboré avec France Télévisions. De cette alliance, nous avons créé la web-série «Martin, Sexe Faible» qui en est à sa 4ème saison sur France.tv Slash. On espère une 5ème saison. My Fantasy s’est fait aussi remarquer en 2017 avec la web série multi-primée «The Man Woman Case» qui raconte la vie d’un transgenre dans l’Australie des années 1920. Il s’agit d’un dessin animé très noir en mode thriller. On en a fait un 45’ qui tourne dans les festivals. Dans cette logique, nous sommes en train de développer le long métrage tiré de la web-série. A sa tête, une équipe de graphistes qui s’est occupée aussi de «Desintox» sur ARTE.

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Pourquoi vous êtes-vous inscrit dans les nouvelles écritures, un secteur pourtant marginal ?

Antoine PIWNIK
J’ambitionne de faire de la série longue. Mais au départ, mon identité artistique était liée au programme court. J’ai été rédacteur en chef des bandes-annonces de CANAL+ il y a longtemps. Par la suite, j’ai produit «La vie secrète des jeunes», une série CANAL+ adaptée d’une BD de Riad Sattouf. Nous avions également produit «Ouifi» pour France 3, une sorte de «Parents,mode d’emploi». De fait, nous nous sommes spécialisés dans le programme court. Le 21 mars dernier, pour la journée mondiale de la poésie, nous avons produit le premier «Poème d’actu» sur Culture Prime, le média social culturel créé par les entreprises de l’audiovisuel public, et sur LCP Assemblée Nationale, dans l’émission «Ça vous regarde». Le «Poème d’actu» s’empare d’un fait d’actualité et l’interprète sous forme de poème littéraire en vidéo graphique.

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Ce mercredi 10 avril, la série «Simone & moi» est présentée en compétition à CANNESERIES et simultanément sur France.tv Slash. Quelle est votre démarche ?

Antoine PIWNIK
Si on conçoit France Télévisions comme une grande plateforme, France.tv Slash est une chaîne à part entière. «Simone & moi» est une série à la fois déjantée et audacieuse sur un sujet toujours tabou, le handicap. La fiction doit pour beaucoup sa liberté de ton à Soukaïna Meflah, co-auteure et interprète principale de la série. «Simone & moi» raconte en 10 épisodes de 5’, une histoire vraie, la sienne. Quant à CANNESERIES, nous sommes la seule fiction française sélectionnée
dans une catégorie «Séries Courtes» et ayant pour vocation de valoriser et d’incarner les séries courtes du monde entier.

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Les budgets d’une telle série sont-ils proportionnels à la taille de la plateforme ?

Antoine PIWNIK
Les budgets des web-séries ou des programmes courts ont rejoint les budgets dédiés aux antennes. On a de quoi travailler. Le CNC nous accompagne et le groupe France Télévisions aussi. Les acteurs du marché ont compris qu’il n’y a pas de différence entre le web et la télévision et qu’il faut financer correctement les contenus. On aurait pu considérer, il y a quelques années, que les web-séries étaient sous-produites et donc, pas belles à l’image. Mais ce n’est plus le cas.

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Ces web-séries peuvent-elles ainsi connaître un basculement en linéaire ?

Antoine PIWNIK
Peu importe les tuyaux dans lesquels sont diffusés les programmes. Qu’une web-série bascule en linéaire ou le contraire, c’est la même chose. Une web-série comme «Martin, Sexe Faible» composée de 40 épisodes, aurait très bien sa place en linéaire.

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Quelles sont vos projets ?

Antoine PIWNIK
Chez My Fantasy, nous développons des projets de fictions sur des formats 26 et 52’. Ce sont des projets destinés à la Création Originale de CANAL+ mais aussi aux écritures numériques de France Télévisions. Si nous avons un bon script, nous le développons et ensuite nous voyons qui cela peut intéresser.