A. REDDE-AMIEL (France TV) : «Nous devons être la télé de l’événement»

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Les divertissements de France Télévisions se renouvellent en profondeur. Dans l’optique de réunir un public élargi et familial, de nouvelles marques sont testées à la fois sur France 2 et France 3. Prochain pari à relever, le lancement de «Boyard Land», une création 100% française qui a pour but d’offrir du grand spectacle et du rêve. Tour d’horizon avec Alexandra REDDE-AMIEL, Directrice des Divertissements et Variétés de France Télévisions.

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«Boyard Land» (ALP) va voir le jour sur France 2, samedi 21 décembre à 21h05. Quelle est l’origine de son lancement ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Depuis 30 ans, France Télévisions diffuse «Fort Boyard», une marque puissante et familiale. Quand une émission aussi fédératrice devient un rendez-vous et fait partie de notre culture commune, il est très naturel de s’en servir autrement. Nous avons donc demandé au producteur de nous proposer une déclinaison créative et surprenante. Après deux ans de gestation, le spin-off «Boyard Land» est né. Les équipes d’ALP ont fait preuve d’une grande créativité pour nous plonger dans un univers magique, fantasmagorique, proche de Tim Burton avec une touche de «The Greatest Showman».

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Pourquoi ne le vendez-vous pas comme un «Fort Boyard» d’hiver ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Parce que nous voulions une émission à part entière. Le programme doit exister seul tout en gardant quelques fondamentaux de «Fort Boyard». En ce sens, le public doit être plongé dans un autre univers que celui que l’on connaît.

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A travers vos nouvelles marques de divertissement, souhaitez-vous toucher un public élargi et familial ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Oui, c’est notre ligne directrice tout en conservant notre cœur de cible. Aujourd’hui, nous nous inscrivons dans une transformation profonde du média télévision. Voilà pourquoi nous devons être la télé de l’événement et réunir la famille autour de la télévision. Nous devons à la fois surprendre, étonner mais aussi faire rêver le téléspectateur. Nous capitalisons sur des rendez-vous. C’est ce que nous cherchons à faire en lançant de nouveaux programmes comme «La Lettre» sur France 2 ou «La Boîte à Secrets» sur France 3. Il doit se passer quelque chose quand on regarde la télévision.

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Cela signifie qu’il faut multiplier les marques et les rendre plus rares ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Créer l’événement, c’est donner envie de regarder un programme à un instant T et donner des rendez-vous. Nous venons d’annoncer par exemple un nouveau Prime Time de «La Boîte à Secrets», vendredi 20 décembre sur France 3. Deux autres numéros ont été commandés. Nous voudrions installer le vendredi soir de France 3 comme étant le rendez-vous du divertissement. En ce sens, «Les Enfants de la Musique», portés par Bruno Guillon et André Manoukian, reviendront pour de nouveaux numéros.

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Prévoyez-vous un retour de «La Lettre» sur France 2 ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

D’abord, nous avons été très satisfaits lors de la première diffusion le 16 novembre dernier. L’émission a atteint 12,5% de part d’audience sur les 4 ans et plus et a été un très beau succès d’image. Nous avons également élargi notre cible sur les Femmes Responsables des Achats à plus de 11,5%. C’est une vraie écoute conjointe. Ensuite, le replay a généré plus de 200.000 vues, un vrai plébiscite! Pour nous, c’est un pari gagné. «La Lettre» reviendra bien entendu sur France 2.

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Concernant «La Course des Champions», le groupe a-t-il eu les yeux plus gros que le ventre ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Non, car cette émission s’inscrit dans une autre stratégie groupe autour du sport et des jeux olympiques. En dépit d’une audience 4+ moins puissante, les cibles jeunes étaient pourtant bien présentes. La moyenne d’âge de «La Course des Champions» était plus jeune que celle de «Danse avec les stars». Les deux numéros restants seront bien diffusés.

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Quelle sont vos priorités ? Les Prime Time ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Exactement ! On réfléchit tous les jours au renouvellement des divertissements. Ce qui est important sur les Prime Time, c’est de créer des marques et installer des rendez-vous.

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Privilégiez-vous les créations françaises ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Bien entendu ! On soutient la création et nous en sommes fiers. Il y a quelques années, il y avait pléthore de formats sur le marché. J’ai moi-même été baignée dans cette culture du format quand je travaillais en production. Je suis fière de voir qu’aujourd’hui les producteurs de «La Boîte à Secrets» (Newen) se font démarcher à l’étranger.

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Pour le réveillon du 31 décembre, vous relancez sur France 2 «La chanson française fête le 31» avec un trio féminin. Était-ce la bonne alternative après 15 ans de Patrick Sébastien ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Je n’aime pas la comparaison. L’histoire avec Patrick Sébastien s’est terminée mais il nous a paru important de continuer à offrir la notion de grand spectacle, de manière différente, pour le 31 décembre. Donc place cette année à la chanson française ! Nous voulions remercier les téléspectateurs de leur fidélité en mettant à l’animation Sophie Davant, Daphné Bürki et Faustine Bollaert qui portent avec brio les après-midis de France 2.

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Quels sont vos objectifs pour 2020 ?

ALEXANDRA REDDE-AMIEL

Continuer à offrir de nouveaux rendez-vous à nos téléspectateurs, continuer à les surprendre. Nous voulons oser, et prendre des risques. Il nous arrivera de réaliser de moins bonnes audiences mais aussi d’avoir de très bonnes surprises. Une chose est sûre, le pari est d’écouter nos téléspectateurs et de se remettre en question en permanence.