A. TALLINEAU (L’Institut Français) : «65% des projets présentés à la Fabrique Cinéma signent des accords de production»

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Anne TALLINEAU, Directrice générale déléguée deL’Institut Français

Hier matin, se tenait la conférence de présentation de La Fabrique Cinéma tenue par l’Institut Français à l’occasion du Festival de Cannes. Dans ce cadre, média+ s’est entretenu avec Anne TALLINEAU, Directrice générale déléguée de L’Institut Français qui nous livre son implication dans la création.

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Quelle est la vocation stratégique de L’Institut Français sur l’activité cinéma?

Anne TALLINEAU

L’Institut français est l’établissement public chargé de l’action culturelle extérieure de la France. Nous sommes un organisme transversal qui couvre tous les champs artistiques, des industries culturelles à la promotion de la langue française. A l’intérieur de la structure, il y a une direction du cinéma qui illustre une de nos deux grandes orientations en faveur du cinéma dans le monde. D’abord, la promotion de la cinématographie française. Nous avons un catalogue de 2.500 titres pour lequel nous avons le droit de diffusion dans le monde. Elle donne lieu à plus de 40.000 projections par an. Le deuxième pilier de notre action concerne la collaboration avec les cinématographies étrangères, particulièrement fragiles pour certaines. A ce titre, nous sommes le partenaire du CNC dans le fonds de l’aide au cinéma du monde, destiné à la coproduction étrangère. La Fabrique Cinéma est un programme dont nous fêtons le 10ème anniversaire cette année et qui se tient à l’occasion du Festival de Cannes. Nous sélectionnons dix projets de films par an. Ces derniers sont représentés par le réalisateur et/ou producteur. Durant le Festival de Cannes, ils peuvent notamment bénéficier de masterclass et d’ateliers consacrés au développement artistique de leur projet de film.

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Quel est l’impact de la Fabrique Cinéma depuis 10 ans dans le secteur ? 

Anne TALLINEAU

Depuis 2009, La Fabrique Cinéma de l’Institut français a sélectionné 91 projets en provenance de 61 pays, dont 23 pays francophones (38% d’Amérique latine, 27% d’Afrique, 16% du Proche et du Moyen-Orient, 12% d’Asie et 7% d’Europe Orientale). Près de 40% des projets ont abouti à un film produit. 65% des projets présentés à la Fabrique Cinéma signent des accords de production.  En 2018, 4 nouveaux films issus de la Fabrique sont prêts à être distribués en salle et en festival. Dans la sélection, on se focalise sur des territoires qui n’ont pas d’industries cinématographiques qui leur permettent de mener à bien ces films. On note cinq nouveaux pays présents pour la première fois à la Fabrique : l’Ukraine, la Thaïlande, la République dominicaine, la Côte d’Ivoire et le Tchad.

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L’Institut Français soutient aussi le meilleur de la création française en réalité virtuelle (VR). De quelle manière ?

Anne TALLINEAU

Nous avons lancé en 2017 un site consacré à la VR dont l’objectif est de valoriser les créateurs français dans le monde. La France et ses créateurs se distinguent de plus en plus. Afin de centraliser l’information et de fédérer les acteurs de la VR française, les équipes de l’Institut Français ont imaginé la plateforme culturevr.fr. La France est un pays dont la cinématographie est extrêmement développée et reconnue pour l’excellence de la création artistique dans les domaines digitaux. Sans relâche, on a besoin d’en faire la promotion.

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Sur quoi d’autre travaillez-vous ? 

Anne TALLINEAU

En tant qu’organisme qui assure une promotion transversale de la culture, nous nous intéressons aussi bien au secteur du cinéma, du livre que de la musique. Au croisement du monde du multimédia et du livre, la France et ses créateurs se distinguent. Afin de centraliser l’information et de fédérer les acteurs du livre numérique, les équipes de l’Institut Français ont imaginé la plateforme futurlivre.fr. Autre chantier à venir, un panorama sur les jeux vidéo autour de leur aspect créatif et innovant.