M. DRUCKER (No School Productions) : «La présentation du JT ne me manque pas du tout»

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Créée en 2016, quelles sont les ambitions de votre société, No School Productions ?  

 Nous voulons essentiellement produire du documentaire et de la fiction. En cela, nous avons accompagné le court métrage «Le malheur des autres», écrit et réalisé par Barbara Schulz avec Jackie Berroyer dans le rôle principal. Ce dernier a été diffusé dans «Histoires courtes», fin mars, sur France 2. Je développe aussi le long métrage de Barbara Schulz, projet sur lequel nous sommes en discussion avec un diffuseur TV et un distributeur de cinéma. Mon ambition, c’est également de réaliser mon propre long métrage. Je négocie actuellement les droits d’adaptation d’un livre pour le cinéma. Sur la partie documentaire, je coréalise et coproduis un film sur les profs, «29 regards sur moi : paroles de profs» (No School/UpsideTv) pour la case «Le Monde en Face» sur France 5.

 Est-il vrai que vous allez produire pour Netflix ?

C’est exact ! Je suis coproducteur associé et exécutif de «13 novembre : Fluctuat Nec Mergitur», une série documentaire en trois parties réalisée par les frères Gédéon et Jules Naudet sur les attentats du 13 novembre à Paris. Ce projet vient de m’occuper un an. Sa diffusion sur Netflix va avoir des répercussions. Il s’agit d’un film essentiel, deux ans après les attentats parisiens.

 Diffusion le 3 avril à 22h45 dans «Infrarouge» sur France 2 de votre documentaire «Le courage de grandir» produit par What’s Up Films…

 Après la communauté noire américaine, Aznavour et l’univers carcéral des femmes, je me suis attelée au monde de l’enfance à travers un film documentaire sur les surdoués. Je suis allée creuser le sujet car nous sommes nombreux à avoir des idées reçues sur ces jeunes. C’est un film qui s’interroge sur la difficulté d’accompagner un enfant dans sa construction. On estime à plus de 500.000 le nombre d’enfants surdoués en France. Des enfants qui rencontrent des difficultés à s’adapter au système scolaire classique et à «vivre comme les autres».  Le documentaire «Le courage de grandir» sera suivi d’un débat.

En 2016, vous quittez l’information pour vous consacrer à l’animation, la réalisation et à la production. Est-ce un choix délibéré ?

Bien entendu. Je voulais changer de métier et arrêter ainsi le journalisme. Mon souhait était d’apprendre autre chose et d’aller davantage vers la création. En plus de toutes mes activités, je réalise un film documentaire tous les dix-huit mois depuis 2012. Entre France 2, France 3, CANAL+, iTELE, l’exercice du journal, je l’ai pratiqué pendant presque 20 ans. Ça m’a absolument passionné. Depuis la rentrée, j’incarne le rendez-vous de la case documentaire «Infrarouge». Accepter cette proposition, c’était d’une logique et d’une cohérence implacables par rapport à tout le reste. A noter que je produis aussi les plateaux de la case «Infrarouge».

Beaucoup de téléspectateurs n’ont pas pris conscience que vous aviez changé de métier…

C’est vrai. Après, si j’ai pris cette décision, je savais pertinemment que je n’aurais aucune frustration. La présentation de journaux ne me manque pas du tout.

 Vous n’espérez donc pas revenir un jour à la présentation d’un JT ?

 Non. Ce n’est plus mon chemin. En revanche, j’aimerais bien refaire de la radio un jour, si l’occasion se présente.

Qu’avez-vous pensé de l’arrivée d’Anne-Sophie Lapix à la tête du «20 Heure » de France 2 ?

 C’est un choix que j’ai trouvé à la fois légitime et positif.