Alain de Pouzhilac (AEF): «C’est à l’Etat actionnaire de trancher»

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Alain de Pouzilhac, patron de l’audiovisuel extérieur de la France (AEF), a jugé mercredi que «c’est à l’Etat actionnaire de trancher» dans le conflit de gouvernance qui l’oppose à Christine Ockrent, sa directrice générale déléguée au sein de l’AEF (France 24, RFI). «C’est à l’Etat actionnaire de trancher et de décider», a insisté le président-directeur général de l’AEF, qui était entendu par la mission d’information présidée par la députée Michèle Tabarot (UMP, Alpes-Maritimes), présidente de la commission des Affaires culturelles, pour faire un point d’étape sur la réforme de l’AEF et sur «les dysfonctionnements» en son sein. Interrogé sur les raisons pour lesquelles le conseil d’administration de l’AEF n’avait pas demandé la révocation de Christine Ockrent, désavouée tant par les salariés de France 24 (à 85%) que par les cadres de France 24 et RFI, Alain de Pouzhilhac a répondu: «Si vous regardez la composition du conseil d’administration de l’AEF, c’est la même majorité que celle de l’actionnaire. Vous ne croyez pas que si l’actionnaire ne veut pas trancher, vous allez vous retrouver avec un conseil d’administration qui va avoir la même position». «Si l’Etat vous dit, vous ne devez pas trancher, vous savez que vous n’allez pas en conseil d’administration (…) Il ne faut pas tourner autour du pot», a déclaré le patron de l’AEF, qui a précisé qu’il dépendait du Premier ministre. Christine Ockrent avait assuré de son côté, la semaine dernière, devant les députés, qu’elle ne démissionnerait pas. «Ce n’est pas à moi de démissionner», avait-elle insisté, assurant vouloir «sauver (son) honneur». Après la plainte pour «harcèlement moral» déposée par Christine Ockrent, directrice déléguée d’AEF, plusieurs perquisitions avaient été menées le 3 mai dans les locaux de l’AEF et de France 24 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Les syndicats avaient jugé ces perquisitions «inacceptables», estimant qu’elles relevaient du «mépris, de l’intimidation et de l’humiliation».  Christine Ockrent, surnommée «l’absente directrice déléguée de l’AEF», a cessé de se rendre à son bureau depuis plusieurs mois.