Amazon France/ mouvements social pour une augmentation des salaires : la pression syndicale s’accentue avant la fin des négociations

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Engagée depuis une dizaine de jours dans un mouvement social pour réclamer à Amazon France une augmentation significative des salaires, l’intersyndicale du géant du e-commerce met mercredi la pression à la veille de la dernière réunion des négociations annuelles obligatoires.
«Parce que la direction vous méprise de par son silence, parce qu’elle préfère augmenter les gros salaires plutôt que les vôtres… le mouvement continue», préviennent les organisations syndicales dans un nouveau tract commun appelant à «la grève et au débrayage» jeudi matin.
Lundi 4 avril, les huit sites logistiques d’Amazon France s’étaient mobilisés à l’appel de la CFDT, Sud, la CGT, la CAT et le syndicat des cadres CFE-CGC, alignés pour la première fois, afin de protester contre une proposition d’augmentation «dérisoire» de 3%. Ce jour-là, le mouvement avait selon eux rassemblé plus d’un millier de grévistes. Depuis, l’action s’est poursuivie et les différents sites ont tour à tour continué de manifester leur mécontentement. «Entre 2.000 et 2.100 des quelque 11.000 ouvriers en France se sont mobilisés au moins une fois», assure Morgane Boulard (CFDT), dont le chiffrage est conforme à celui d’Hakim Taoufik (CAT). «C’est beaucoup, car ce n’est pas dans la culture Amazon», indique Alain Jeault (CGT). «Demain, ça peut exploser», prévient pour sa part M. Taoufik, qui attend les dernières propositions d’Amazon pour voir quelle réponse adopter. Celui-ci déplore par ailleurs les «menaces» et «intimidations» dont se seraient rendus responsables certains dirigeants et manageurs de sites ces derniers jours en interpellant directement certains grévistes.
«Selon moi, il s’agit plus d’initiatives personnelles que de consignes de la direction générale», a estimé Mme Boulard, alors que l’intersyndicale réclame 5% d’augmentation générale.
La proposition d’Amazon est «supérieure aux augmentations de salaire médianes attendues cette année», assure le groupe, qui rappelle que des analystes de marché prévoient des hausses moyennes «comprises entre 2 et jusqu’à 2,5%» chez les acteurs du secteur.
«Une augmentation générale des salaires à +3% impliquerait que le salaire horaire d’entrée serait passé de 10,66 euros en mai 2021 à 11,20 euros après ces NAO (soit une hausse supérieure à 5%, ndlr), tandis que le SMIC horaire passera probablement de 10,25 euros en mai 2021 à environ 10,82/10,85EUR en mai 2022», poursuit Amazon, alors que de nombreux conflits sociaux sur des questions similaires ont actuellement lieu dans d’autres groupes.