Animation française: une nouvelle hausse spectaculaire de l’emploi

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Pour la 3ème année consécutive, l’animation française enregistre une forte hausse (+22%) de sa masse salariale à 171 M€ en 2017, selon les chiffres dévoilés le 15 novembre par Audiens à l’occasion des Rencontres Animation Formation d’Angoulême. Par rapport à 2014, cette croissance atteint 65% démontrant pleinement l’efficacité des différents crédits d’impôt modifiés par le Parlement en 2014 et 2015 (crédit d’impôt cinéma et audiovisuel, crédit d’impôt international) et de la réforme du Fonds de soutien à la production audiovisuelle d’animation du CNC en vigueur depuis le 1er janvier 2016, estime le SPFA dans un communiqué. Elle traduit également la capacité des producteurs indépendants français à prendre pleinement le risque de la relocalisation sur le territoire français d’une partie importante de la fabrication des oeuvres.

En 2017, près de 7.300 salariés ont exercé dans le secteur, soit près de 1.000 salariés de plus que l’année précédente (+15%). Le nombre d’heures travaillées atteint près de 7 millions en 2017 (+26% par rapport à l’année précédente). Le secteur reste marqué par la forte présence des jeunes actifs en son sein. Plus de 75% des techniciens en CCDU et près de 60% du personnel en CDI ont moins de 40 ans. La féminisation du secteur est en cours, la proportion de femmes qui entrent dans le secteur augmentant d’année en année. En 2017, les femmes représentent 46% du personnel permanent et 34% des salariés sous CDD d’usage. Si les différentiels de rémunération persistent (de l’ordre de 5 à 10% en fonction du contrat de travail, du poste occupé, du statut de cadre ou de non cadre), ils ont tendance à se réduire et restent nettement inférieurs aux écarts constatés sur l’ensemble de la population active. Si l’activité reste majoritairement implantée en Ile-de-France, la part des autres territoires (Nouvelle Aquitaine, Hauts-de-France, Occitanie ou encore Auvergne-Rhône-Alpes) augmente avec désormais 20% de la masse salariale totale du secteur, en lien avec la multiplication des créations de studios dans les régions. Les mesures en faveur du long métrage d’animation, annoncées par le CNC en octobre dernier et qui entreront en vigueur en janvier prochain, permettront de soutenir le marché de l’emploi. Après ses performances historiques à l’exportation en 2017 avec 116 M€ de recettes (+9,3%), ces chiffres de l’emploi traduisent le dynamisme de l’industrie française, la capacité entrepreneuriale des producteurs indépendants qui la composent et l’action déterminante des pouvoirs publics, précise le SPFA dans son communiqué. Ces bons chiffres ne doivent pas cacher les inquiétudes grandissantes des entreprises du secteur face à des décisions qui pourraient mettre en cause la dynamique de cette croissance. Le mouvement massif de relocalisation reste un pari risqué pour les entreprises qui ont besoin de visibilité sur la pérennité des dispositifs de soutien, selon le SPFA. La baisse annoncée de la valeur du point minute du Fonds de soutien audiovisuel du CNC et la mise en cause du dispositif des avances, conçu pour accompagner la croissance des entreprises, peuvent ainsi amener beaucoup d’entre elles à revoir leur stratégie en matière de relocalisation. Par ailleurs, l’arrêt de France 4 programmée courant 2020, alors que rien n’indique que le service public soit capable d’y substituer une offre garantissant l’exposition des oeuvres auprès des enfants, aura des répercussions sur la dynamique des exportations, précise également le SPFA dans son communiqué. Une forte exposition sur le marché domestique est en effet la condition indispensable pour imposer des oeuvres au niveau international, et permettre à la filière d’amortir ses investissements.