Apple : un c.a. et un bénéfice net trimestriels en baisse sur un an

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Apple a publié jeudi dernier un chiffre d’affaires et un bénéfice net trimestriels en baisse sur un an et inférieurs aux attentes, qui ont souffert du fléchissement des ventes d’iPhones, que le groupe a attribué principalement à un problème d’offre. Les revenus sont ressortis à 117,1 milliards de dollars, en baisse de 5,4% sur un an pour la période allant d’octobre à décembre, qui correspond au premier trimestre de son exercice comptable décalé, selon un communiqué. Dans les échanges postérieurs à la fermeture de Wall Street, le titre perdait un peu plus de 2%. Les résultats du groupe de Cupertino (Californie) ont été marqués par la contraction des ventes d’Iphones, en repli de plus de 8% sur un an. Apple avait fait état, début novembre, de perturbations sur le site de Zhengzhou (Chine), plus grande usine de production des célèbres téléphones de la marque, du fait d’une flambée de cas de Covid-19. L’entreprise avait reconnu que ces événements allaient réduire les volumes d’iPhone 14 Pro assemblés dans l’usine. Lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats, le directeur général Tim Cook a indiqué jeudi que les ralentissements s’étaient poursuivis «durant quasiment tout le mois de décembre». Le responsable a relativisé le coup d’arrêt des ventes d’iPhones en précisant que, hors effets de changes, elles ressortaient quasiment stables. Le niveau élevé du dollar a ainsi pénalisé, l’an dernier, les compagnies américaines qui réalisent une part importante de leurs ventes à l’étranger. Il a également affirmé que la demande n’était pas en cause. «Nous pensons que les (ventes d’)iPhones auraient progressé au dernier trimestre sans la pénurie d’offre», a déclaré le directeur général. Tim Cook a néanmoins attribué également la baisse du chiffre d’affaires à un «environnement macroéconomique difficile». «Apple n’est pas immunisé» contre cette conjoncture dégradée, a reconnu le directeur général. Au total, le c.a. tiré des produits physiques s’est érodé de 7,7% sur un an. Outre les iPhones, cette glissade est aussi attribuable aux ordinateurs Mac, dont les ventes ont plié de plus de 28%. Seuls les iPad ont tiré leur épingle du jeu (+29%). Pour Neil Saunders, analyste de GlobalData, l’effet Covid, qui avait vu un regain d’appétit pour l’électronique grand public, «s’est dissipé» et a été remplacé par «une réflexion plus prudente des consommateurs sur le remplacement de leurs appareils», «même si les produits d’Apple demeurent attractifs». Le décrochage des produits a été partiellement compensé par l’activité services, qui comprend la boutique d’applications App Store, la plateforme de streaming Apple Music ou les services de stockage de données à distance (cloud). La division service a ainsi vu ses revenus croître de 6,4%, et pèse désormais près de 18% du c.a., signe de la transformation progressive d’Apple.Sur le plan géographique, toutes les régions d’implantation de l’entreprise ont constaté un affaissement de leur c.a.. A l’échelle du groupe, le bénéfice net a atteint 29,9 milliards de dollars, en repli de 13%.Après les turbulences de la fin 2022, «du point de vue de l’offre, la production est aujourd’hui au niveau que nous souhaitons», a décrit Tim Cook. «Nous répondons à la demande». Pour le 1er trimestre de 2023, le deuxième de son exercice comptable, Apple s’attend à une nouvelle baisse de son chiffre d’affaires sur un an, a révélé le directeur financier, Luca Maestri. Le groupe prévoit de faire mieux, sur un an, pour les ventes d’iPhones qu’au trimestre précédent. Apple «parvient à sortir de bons chiffres même dans une économie difficile», a estimé Neil Saunders. Pour autant, la firme souffre d’une «panne d’innovation depuis un moment» et «joue la sécurité» désormais avec ses produits existants. «S’il veut renouer avec des résultats exceptionnels, il va devoir faire des avancées radicales».