Après le suicide de sa fille, un père estime «peu convaincante» la réponse des réseaux sociaux, dont le rôle dans la tragédie a été reconnu

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Le père de Molly Russell, une adolescente de 14 ans dépressive et qui s’est suicidée en 2017, a estimé lundi «peu convaincante» la réponse des réseaux sociaux, dont le rôle dans la tragédie a été reconnu.

Molly Russell est morte en novembre 2017.

Tentant de comprendre son geste, ses proches avaient découvert qu’elle avait été exposée sur les réseaux sociaux, essentiellement Instagram et Pinterest, à de nombreux contenus évoquant le suicide, la dépression et l’automutilation.

Fin septembre 2022, la justice britannique avait mis en cause le rôle joué par les contenus vus par l’adolescente dans son suicide, à l’issue d’une procédure qui avait relancé le débat sur l’influence de ces plateformes et de leurs algorithmes.

Le «coroner» chargé de la procédure avait alors envoyé un rapport à des entreprises telles que Meta, Pinterest, Twitter et Snapchat, ainsi qu’au gouvernement britannique, pressant pour une révision des algorithmes utilisés par les sites pour fournir du contenu.

Mais la réaction des réseaux sociaux a été «peu convaincante et peu surprenante», a réagi Ian Russell, le père de Molly, dans un entretien à l’agence PA publié lundi.

«Les réponses varient mais en général elles sont peu convaincantes et il me semble qu’elles dénotent une approche «business as usual»», a-t-il ajouté.

Pour lui, ce que propose Meta dans sa réponse au coroner, notamment l’introduction de notifications encourageant les utilisateurs à faire une pause et à réfléchir à leur réponse avant de commenter, n’est pas assez significatif.

«Bien sûr, c’est un pas en avant et une aide, mais est-ce vraiment suffisant pour faire un changement significatif?», s’est-il interrogé.

«Ce sont des mesures vraiment, vraiment mineures».

Lors de la procédure d’«inquest» pour établir les causes de la mort de Molly, la justice avait estimé que les contenus vus par la jeune fille «n’étaient pas sûrs» et «n’auraient jamais dû être accessible à une enfant».

Plutôt que de qualifier sa mort de suicide, le coroner a donc estimé que la jeune fille «était morte d’un acte d’automutilation, alors qu’elle souffrait d’une dépression et des effets négatifs de contenus vus sur internet».