Aya Nakamura sacrée artiste féminine aux Victoires de la musique 

48

Les Victoires de la musique ont enfin réparé un oubli fâcheux: Aya Nakamura, chanteuse francophone la plus écoutée dans le monde depuis «Djadja», a remporté vendredi le titre de l’artiste féminine. La cérémonie ne lui avait remis jusqu’ici qu’un titre de l’artiste la plus streamée. Les Flammes, première édition d’une cérémonie dédiée au rap et ses courants, avait en revanche mis les points sur les i en la sacrant artiste féminine de l’année, en 2023. «Djadja», morceau de 2018 à l’écho planétaire, cumule 950 millions de vues sur YouTube et a même fait danser les enfants de Madonna, comme on l’a vu sur les réseaux sociaux de l’interprète de «Like a virgin». A l’époque de la sortie de son 3ème opus, «Aya», à l’automne 2020, l’artiste née à Bamako (Mali) et qui a grandi à Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne, s’affichait sur les écrans XXL de Times Square à New York. La chanteuse de 28 ans, qui a sorti l’an passé son 4e disque «DNK», joue dans la cour des grands. Elle a livré un show interactif à la fin 2022 dans «Fortnite», blockbuster du jeu vidéo friand de ce genre de collaborations. Ce type de passerelles est réservé aux mégastars mondiales, comme le rappeur américain Travis Scott ou la vedette brésilienne du foot Neymar. «Elle s’aligne à l’international», expliquait Angelo Gopee, patron de Live Nation France, une des plus grosses sociétés de production de tournées au monde. Collision des agendas, la parution de «DNK» coïncidait à 24h près à la comparution devant un tribunal de la région parisienne de la chanteuse et du producteur Vladimir Boudnikoff, son ex-compagnon et père d’une de ses deux filles. 

«C’est devenu toxique bébé» : Et, ce, pour répondre de «violences par conjoint avec ITT (incapacité temporaire de travail) de moins de huit jours». Verdict: 10.000 euros d’amende pour elle et 5.000 euros pour lui. Nombre de chansons de «DNK» ne parlent d’ailleurs que des orages dans le couple. «On a fait que s’embrouiller», «c’est devenu toxique bébé», entend-on dès le premier titre, «Corazon» (coeur, en espagnol). Logique de jouer la transparence puisque «DNK» renvoie à Danioko, son nom de famille. Nakamura est un clin d’oeil à un personnage de la série américaine «Heroes». L’artiste, qui a baigné dans la musique au sein d’une famille de griots, ne fait que creuser le même sillon, «le sentiment amoureux sous toutes ses facettes», comme elle l’avait expliqué fin 2020. Sur «DNK», les morceaux sensuels, comme «Tous les jours», sont toujours là. Mais les mauvais jours de la vie à deux grondent («T’as peur»). Et Aya Nakamura malaxe toujours autant la langue française avec argot ouvert à tous vents («Beleck»). «Je peux comprendre que certains se disent: «pour qui elle se prend celle-là, à nous narguer avec notre langue française» mais c’est important d’accepter la culture des autres et moi j’ai une double culture», disait-elle. Ses mélodies brassent encore les influences, entre zouk et tempo portoricain. «J’ai imposé mon univers musical et c’est ce dont je suis la plus fière. Je fais la musique que j’aime même si on veut me mettre dans des cases», commentait-elle dans ce même entretien.