Bureau de la radio/RNT : conditions d’un lancement réussi non réunies

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L’association Bureau de la radio, réunissant les principales radios privées (RTL, NRJ, Europe 1, Fun Radio, RMC, Virgin Radio, RTL2, RFM, Chérie FM, Rire et chansons et BFM Business), a estimé mercredi que «les conditions d’un lancement réussi» de la radio numérique terrestre n’étaient pas réunies. «Le débat sur les normes n’est pas tranché», «la planification des zones de couvertures n’a fait l’objet d’aucune concertation» et «la question essentielle de l’équilibre économique de la RNT n’est toujours pas abordée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA)», assure l’association. Le Bureau de la radio appelle à une consultation publique préalable à tout appel à candidatures. «Partout en Europe, où la RNT est pourtant subventionnée par les pouvoirs publics ou par les constructeurs, la RNT accumule les échecs», affirme l’association. Le CSA a annoncé il y a un mois qu’il prévoyait de lancer en 2012 la RNT, bloquée depuis des années, en délivrant des autorisations pour les stations présélectionnées en 2008, puis en lançant un appel à candidatures pour 20 grandes agglomérations. Le CSA souhaiterait aussi qu’une nouvelle norme soit adoptée pour la RNT, le DAB+, utilisé en Allemagne, entre autres. Elle viendrait s’ajouter à la norme déjà retenue, le T-DMB, plus chère. Le lancement de la RNT, qui améliorera la qualité de son pour l’auditeur et la couverture pour les opérateurs, est inscrit dans la loi de 2007 sur la modernisation de la diffusion audiovisuelle, mais aucune date n’y est fixée. Les grandes radios privées y sont opposées, considérant que le coût de diffusion sera trop élevé. Dans un rapport remis en mai 2011 au Premier ministre François Fillon, l’ancien directeur de France Culture, David Kessler, a préconisé un moratoire sur le déploiement rapide de la RNT, tout en promouvant des expérimentations locales. De telles expérimentations sont en cours à Lyon et Nantes.