C. CAMDESSUS (FIPADOC) : «Notre première ambition est de pérenniser le festival»

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Le FIPADOC, Festival International du Documentaires, réunira public et professionnels à Biarritz du 21 au 26 janvier 2020, autour d’une sélection d’œuvres d’exception et de conférences. Tour d’horizon avec Christine CAMDESSUS, Déléguée générale du FIPADOC.

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Pour la 2ème édition du FIPADOC, quelles sont vos ambitions stratégiques ? 

CHRISTINE CAMDESSUS

Notre première ambition est de pérenniser le festival. L’année dernière, nous avons été bien accueillis par le public de Biarritz et par les professionnels. La vocation du FIPADOC est de présenter une sélection de plus d’une centaine de films documentaires en compétition et hors compétition – courts, moyens, longs métrages, unitaires ou séries – conçus pour tous les écrans et accueillant toutes les écritures. Nous nous inscrivons pleinement dans cette volonté de participer à l’émergence et la mise en lumière de films voulant changer le monde. Notre ambition est aussi de sensibiliser et de susciter l’engagement des nouvelles générations. Nous disposons d’un budget moyen d’1,5M€.

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Le repositionnement du festival à 100% sur le documentaire porte-t-il ses fruits ?

CHRISTINE CAMDESSUS

Absolument ! C’est un pari qui correspond à une période d’engouement sur le documentaire. Le genre est valorisé par les chaînes et les plateformes. Nous avons très envie de participer à cet enthousiasme et de faire découvrir la production française et internationale. Dans la compétition, nous intégrons le «Prix Smart», récompensant la meilleure expérience numérique documentaire. Il est doté de 3.000 € par l’INA pour le réalisateur ou la réalisatrice. Quant au «Prix du Court-Métrage», il mettra en valeur un film international ou français d’une durée inférieure à 20’. Il est doté de 3.000 € par March LA.B, montres françaises, pour le réalisateur ou la réalisatrice. Par ailleurs, le FIPADOC ouvre deux sélections : «Histoires d’Europe» sur des films traitant de la construction de l’Europe ou se passant dans les pays européens, et «En Famille» visant à mettre en avant des films destinés au plus jeune public.

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Qu’organisez-vous lors des journées professionnelles ?

CHRISTINE CAMDESSUS

A partir du mardi 21 janvier, nous organisons un lieu d’échanges privilégiés qui offre à l’industrie une opportunité d’initier de nouvelles collaborations, de pitcher et de financer de nouveaux projets. Les journées professionnelles ont également été conçues comme un espace de réflexion du secteur documentaire et un incubateur d’idées. Cette année, nous initions deux opérations pilotes : «Smart Lab» et «Impact Lab». Deux jours pendant le festival, nous donnons la possibilité de développer et rendre viables des projets documentaires numériques. Plusieurs sessions fourniront à tous les professionnels concernés des stratégies d’impact pour leurs documentaires. Et parmi les tables rondes, un focus sur la Suède. La production documentaire suédoise compte parmi les plus créatives d’europe. Ils ont très rapidement adapté leur marché face aux demandes de plateformes.

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Chaînes, plateformes, distribution documentaire et loi audiovisuelle, quel avenir pour le documentaire ?

CHRISTINE CAMDESSUS

Mercredi 22 janvier, nous consacrons la matinée à ce qu’implique la loi audiovisuelle dans le secteur. Nous parlerons des financements mais aussi de la nouvelle organisation autour de la holding de l’audiovisuel public. Vendredi 24 janvier, nous ferons discuter les distributeurs et les acteurs de plateformes sur l’évolution du marché. L’idée est de comprendre le rôle des différents supports de diffusion dans la vie d’un documentaire.

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Comment rendre pérennes les activités du FIPADOC ? 

CHRISTINE CAMDESSUS

Nous commençons à construire localement une présence plus pérenne des activités du FIPADOC sur l’année. Pour cela, nous lançons une première opération pilote cet été, «Le FIPADOC Nomade», qui est la reprise par certains exploitants de la région (Pays Basque et Béarn) d’une partie de notre sélection. Il est très important que les films soient montrés également le reste de l’année.