C. DUFOUR (Rakuten TV) : « Tout pays confondus, le marché Français est au 3e rang de notre activité »

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Face à la croissance des chaînes FAST en France, Rakuten TV fait évoluer son offre sur le marché local avec de nouveaux contenus pensés avec Satisfaction Group. L’occasion pour media+ d’évoquer le plan de développement de la plateforme de streaming avec Cédric DUFOUR, PDG et président de Rakuten TV.

 

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Dans votre activité, que représente le marché français ?

Cédric DUFOUR

Rakuten TV est la première plateforme de streaming en Europe qui combine les canaux TVoD, AVoD et FAST, offrant aux utilisateurs un univers de contenu et facilitant l’ensemble de l’expérience de divertissement. Suivant les pays, notre activité n’est pas la même. Nous sommes présents dans 43 pays ! Tout pays confondus, le marché français est au 3ème rang de notre activité. Le top 5 est complété par le marché UK, Allemagne, Italie et Espagne. En France, notre priorité est de renforcer notre contenu local.

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Comment se caractérise le renforcement du contenu local ?

Cédric DUFOUR

Rakuten TV a annoncé renforcer son offre en France avec du contenu local, en ajoutant à son portefeuille cinq nouvelles chaînes locales FAST de Satisfaction Group : «Les Anges de la Téléréalité», «Les Secrets de nos Régions», «Le Meilleur d’Arthur», «Qui veut gagner des millions ?» et «Les Z’amours». Ces nouvelles chaînes renforcent la stratégie de Rakuten TV visant à enrichir son offre FAST avec des contenus encore plus ciblés et ancrés localement, grâce à des partenariats avec les principaux diffuseurs et distributeurs locaux. Le marché local est très important en France, contrairement à d’autres territoires.

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Les Français sont-ils enclins à regarder des chaînes FAST ?

Cédric DUFOUR

Depuis ces cinq dernières années, le marché a été à la course au nombre de chaînes. Nous, dès le début, nous avons misé sur la qualité plutôt que la quantité. Nous avons ainsi une centaine de chaînes par pays, et d’autres acteurs nous contactent pour alimenter ces chaînes. Sur les chaînes FAST, il y a encore du travail, notamment en France. Déjà, de nombreux téléspectateurs ne savent pas qu’ils disposent de chaînes FAST ! Les usages se développent, et les annonceurs intègrent cet écosystème. Nous arrivons désormais à monétiser ces contenus. Nos chaînes FAST ne viennent pas remplacer les chaînes historiques, mais elles sont complémentaires.

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Tirez-vous un bon bilan de votre stratégie de visibilité par les télécommandes?

Cédric DUFOUR

En France, l’écosystème est tel que nous sommes cachés par les opérateurs téléphoniques. Pour émerger et gagner en visibilité, nous avons investi massivement pour rajouter notre bouton sur les télécommandes. Nous sommes ainsi à portée de main de plus de 150 millions de foyers à l’échelle européenne. Pour continuer notre développement, nous signons désormais de nouveaux partenariats avec des opérateurs européens. Dernier exemple en date en Espagne avec Orange : quand un utilisateur veut louer ou acheter un film, il le fait désormais via notre espace. La même stratégie est déployée en Allemagne avec 1&1.

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Ce développement des chaînes FAST vient-il amputer vos productions originales ?

Cédric DUFOUR

Non, c’est complémentaire ! En 2023, nous avons lancé quelques productions propres en nous ouvrant à de nouveaux formats, passant des documentaires sportifs aux reality-show. Ce sont des contenus qui fonctionnent très bien. En revanche, nos ressources sont limitées. Pour lancer ces productions, on s’allie avec une marque ou un sponsor pour le financement. Nous ne finançons pas ces contenus sur fonds propres.