C. KOSZAREK (Fédération des créateurs audiovisuels et numériques) : « Les programmes de flux renforcent l’identité des chaînes gratuites »

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Les créateurs audiovisuels et numériques ont décidé d’unir leurs forces pour défendre la création originale française indépendante de programmes de flux. Entretien avec Christophe KOSZAREK, Membre fondateur de la Fédération des créateurs audiovisuels et numériques.

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Pourquoi avez-vous décidé de créer la Fédération française des créateurs audiovisuels et numériques ?

Christophe KOSZAREK

Parce que le projet de loi sur l’audiovisuel est une véritable opportunité. La future réforme va mettre à jour la réglementation et réorganiser par la même occasion la gouvernance de l’audiovisuel public. A travers cette démarche, il nous semblait essentiel de remettre les contenus au cœur du projet de loi. La création de cette fédération vise à sensibiliser le pouvoir public sur la question des contenus. Il est important de défendre notre souveraineté culturelle française à l’heure où le marché est bousculé par de nouveaux acteurs, éditeurs, producteurs et distributeurs étrangers. Des plateformes SVOD très puissantes débarquent et attaquent frontalement les chaînes gratuites en France, sur le terrain de la fiction et des films. A cela s’ajoutent les groupes de production étrangers qui créent leurs filiales en France. Producteurs et diffuseurs français sont donc attaqués de toutes parts. Face à cela, il faut mener une stratégie offensive sur les contenus et la distribution. Or, la législation ne protège que les œuvres de créations. C’est insuffisant. Il faut prendre en compte les programmes de flux. Les chaînes gratuites seront toujours plus fortes que n’importe quelle plateforme internationale, sur ce type d’émissions.

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Cela signifie que les plateformes internationales n’ont pas la culture du flux ?

Christophe KOSZAREK

C’est exact ! Elles n’ont pas la culture du live. Les chaînes gratuites créent de la proximité avec le public et les programmes de flux permettent de renforcer leur identité. Il faut donc investir dans les programmes de flux qui d’ailleurs s’exportent facilement. C’est ce qui fera la différence entre une chaîne gratuite et une plateforme internationale.

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Quelles sont les actions concrètes que la Fédération des créateurs audiovisuels et numériques va mener ?

Christophe KOSZAREK

Cette association, qui réunit aussi bien les créateurs, auteurs, réalisateurs, animateurs et producteurs, a pour vocation d’être un partenaire dans l’élaboration du futur projet de loi. Nous avons rencontré Franck Riester, ministre de la Culture, la semaine dernière, avec qui nous avons eu une longue discussion sur ces sujets, en lui rappelant l’importance des contenus et l’enjeu qu’ils représentent pour la défense de la souveraineté culturelle française. Il faut créer un écosystème en France qui permette l’émergence de PME et favorise la création de contenus français de tous genres. Nous lui avons parlé du concept de création originale dans lequel il faut inscrire les programmes de flux. Le ministre a donné son accord pour nous accompagner sur cette question. Il attend que l’on revienne vers lui rapidement avec des propositions.

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Que comptez-vous proposer face à une réglementation devenue archaïque ?

Christophe KOSZAREK

Notre souhait est de proposer des mesures incitatives permettant aux éditeurs/diffuseurs exerçant sur le territoire français de développer le recours aux productions indépendantes pour les programmes de flux de création originale française. Cela sera favorable au développement de contenus d’origine française ainsi qu’à la constitution d’un écosystème en faveur des PME françaises du secteur. Dans cette dynamique, des entreprises génèreront de l’emploi.