«Cahiers du Cinéma»: la rédaction a fait part de «ses plus vives inquiétudes» après le rachat du mensuel

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La rédaction des «Cahiers du Cinéma» a fait part lundi de «ses plus vives inquiétudes» après le rachat annoncé il y a une semaine de la revue par un collectif de producteurs et d’hommes d’affaires jugés «proches du pouvoir».Les journalistes craignent pour «la liberté éditoriale» du mensuel, considéré comme la bible des cinéphiles, et mettent en garde contre de possibles «conflits d’intérêt», «pressions politiques» et «collusions». «Il n’a fallu attendre que quelques jours pour découvrir dans la presse l’expression d’une volonté d’ingérence éditoriale des actionnaires, selon qui la revue doit se recentrer sur le cinéma d’auteur français», affirment-ils dans un communiqué. «Les Cahiers n’ont pas vocation à être la vitrine ou le service après-vente du cinéma d’auteur français, mais une revue libre de toute influence. Il en va de sa crédibilité», poursuivent-ils. Autre source d’inquiétude pour la rédaction: la nomination comme directrice générale de Julie Lethiphu, déléguée Générale de la SRF, une association de cinéastes pilotant notamment la Quinzaine des Réalisateurs, section parallèle du festival de Cannes. Vingt producteurs (Marc du Pontavice, Toufik Ayadi, Christophe Barral, Pascal Caucheteux…) et hommes d’affaires dont le fondateur de Free, Xavier Niel, et le patron d’Altice France, Alain Weill, se sont unis pour reprendre le mensuel, détenu depuis 2009 par Richard Schlagman, l’ex-patron des éditions Phaidon. Le ministre de la Culture Franck Riester avait salué à cette occasion une «nouvelle ère prometteuse qui s’ouvre» pour la revue fondée par André Bazin.