Christian MENEZ (Sony Music) : «95% des Français écoutent de la musique»

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Christian MENEZ, Directeur du Département Marketing Services de Sony Music

 

Les départements Marketing et Sony Music Partnerships ont présenté hier matin les enseignements clés de l’étude «Conso Music». Cette dernière vise à prendre la mesure des nouveaux usages musicaux. Rencontre avec Christian MENEZ, Directeur du Département Marketing Services de Sony Music.

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Quelle est aujourd’hui l’approche de Sony Music sur le public et sa consommation ?

Christian MENEZ

Nous percevons très clairement une fragmentation des usages et de la consommation. Les publics sont pluriels et les modes de consommation le sont aussi. Les plus engagés consomment la musique sous toutes ses formes : streaming audio, vidéo, abonnement, CD, MP3 ou vinyle. Au-delà des tendances, chaque public découvre sa musique différemment et entretient un lien distinct avec les marques. 95% des Français écoutent de la musique. Ils la consomment au quotidien 1h30 en moyenne. L’étude «Conso Music» est administrée annuellement auprès de 6.000 personnes âgées de 15 ans et plus, représentatives de la population française. 120 questions leur ont été posées à propos de 450 artistes et de 430 marques. Objectif: mieux connaître les consommateurs, leur rapport à la musique. Cet outil permet aussi de déterminer comment nous pouvons développer la carrière d’un artiste.

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Quelles sont les typologies de publics qui écoutent la musique ? 

Christian MENEZ

C’est très segmenté ! Dans les 35 pays qu’elle couvre, «Conso Music» fait émerger 4 familles de consommateurs. Les «fanatics» (6,5 millions de personnes soit 14% de la population française) qui écoutent la musique sur de nombreux supports. Les «enthousiastes» (10 millions soit 22%) aiment la musique et partagent cette passion avec d’autres loisirs. Les «casuals» (13,7 millions soit 10%) ont d’autres priorités mais sont amateurs de hits. Enfin, les «indifférents» (15,9 millions soit 34%) n’écoutent la musique que quand elle vient à eux, par exemple par les programmes de TV. Tous les types de publics nous intéressent, y compris ceux qui achètent moins de musique. En soi, il faut personnaliser la communication. Le digital nous permet de le faire finement.

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Quelles tendances percevez-vous à travers l’étude «Conso Music» ?

Christian MENEZ

Parmi les tendances globales, il y a la popularisation du streaming audio par abonnement. Les «fanatics» et «enthousiastes» ont été les premiers à l’utiliser. Cette consommation s’ouvre au grand public. (Désormais, 42% des internautes français utilisent un service de streaming musical. L’écoute sans téléchargement a généré 104,2 millions d’euros de chiffre d’affaires (+44,6% en un an), soit 10 fois plus que le vinyle selon le SNEP, ndlr). Pour émerger parmi les milliers de sons, il y a tout un travail de recommandation et d’éditorialisation. Autre point fort, l’émergence du vinyle auprès des plus jeunes – qui aiment s’approprier un bel objet – et auprès des plus âgés qui se rééquipent.

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L’investissement artistique est-il aussi fort que le marketing dans l’industrie musicale ?

Christian MENEZ

La base reste l’artistique. Après, il y a des données qui nous incitent à prendre des décisions.

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Le rapport marques/artistes est-il indissociable ?

Christian MENEZ

Ce n’est pas automatisé. Mais la réflexion a lieu à chaque fois. Cela dépend des opportunités et des histoires à raconter entre l’artiste et la marque. Il y a des associations très subtiles qui fonctionnent très bien. Parfois, il y a même des alliances où l’artiste est tellement fort, que la marque passe derrière.