Criteo: résultats supérieurs aux attentes au 1T

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Criteo a publié mercredi des résultats globalement supérieurs aux attentes pour le premier trimestre et confirmé ses prévisions pour 2018, tout en se montrant prudent pour le deuxième trimestre en raison de «frictions» liées à l’entrée en vigueur de la nouvelle législation européenne sur les données. Une semaine après le retour de son fondateur Jean-Baptiste Rudelle comme PDG, la pépite française du ciblage publicitaire, cotée sur le Nasdaq, a annoncé un bénéfice net de 21 millions de dollars, en hausse de 45%, pour le premier trimestre. Ce chiffre est inférieur aux attentes du consensus d’analystes interrogé par le fournisseur de données financières Factset, alors que le c.a. et l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) sont supérieurs à leurs prévisions. Le c.a. hors reversement aux partenaires, l’indicateur mis en avant par le groupe, s’affiche ainsi à 240 millions de dollars, en progression de 14%. L’excédent brut d’exploitation ajusté s’affiche en hausse de 38% à 78 millions de dollars. Le titre du groupe était en hausse de 6,62% à 27,80 dollars sur la Bourse électronique américaine Nasdaq à 14h05 GMT.Criteo «commence bien l’année», mais «on a un certain niveau de prudence pour le 2ème trimestre puisqu’il y a pas mal d’inconnues dans l’industrie, notamment avec la mise en place du RGPD», le nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles, a noté le directeur financier, Benoît Fouilland. Criteo a vu sa croissance ralentir en 2017 et prévoit encore un coup de frein cette année. Ce groupe emblématique de la «French Tech» avait averti en décembre d’une réduction de 22% de son c.a. hors reversement à ses partenaires en 2018, après des changements technologiques introduits par Apple rendant beaucoup plus difficile le suivi publicitaire des internautes par les «cookies», des fichiers espions au coeur de la technologie de Criteo. Au total, l’action Criteo a perdu plus de la moitié de sa valeur sur un an. Le groupe a annoncé la semaine dernière le retour du fondateur et président du groupe, Jean-Baptiste Rudelle, au poste de directeur général, à la demande du conseil d’administration et en remplacement d’Eric Eichmann.Criteo fait face à un nouveau défi avec l’entrée en vigueur dans l’Union européenne le 25 mai du règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD) dont l’application crée des incertitudes. «Certains acteurs du côté de l’offre (les plates-formes permettant de vendre des espaces publicitaires NDLR) pourraient générer des frictions» en adoptant une approche rigide de l’obtention du consentement des internautes pour le partage de leurs données, a souligné Jean-Baptiste Rudelle au cours d’une conférence pour les analystes. «Donner plus de contrôle aux consommateurs sur leurs données est une grande tendance historique» a souligné le responsable. Et si ce changement est porteur d’incertitudes, il représente aussi une opportunité importante de mettre à profit le savoir-faire de Criteo pour la «gestion du consentement» des utilisateurs, a noté Jean-Baptiste Rudelle. Pour 2018, Criteo a confirmé s’attendre à une croissance de son c.a. entre 3% et 8% à taux de change constants. Sa marge d’Ebitda devrait se situer entre 28% et 30%. Pour le deuxième trimestre, il anticipe un chiffre d’affaires hors reversement aux partenaires entre 226 et 230 millions de dollars, en légère hausse par rapport aux 220 millions affichés en 2017 à la même période. Le consensus s’établissait à 232 millions. Criteo prévoit un Ebitda ajusté stable pour ce 2ème trimestre entre 53 et 57 millions de dollars.