Décès de Mylène Demongeot, figure du cinéma populaire

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De la trilogie «Fantômas» dans les années 1960 à celle de «Camping» un demi-siècle plus tard, chaque génération gardera un souvenir de Mylène Demongeot, actrice appréciée du public et disparue jeudi après 70 ans de carrière. L’actrice, qui ne s’est pas cantonnée au cinéma populaire qui l’a rendu célèbre, aura tourné au total près de 70 films, aussi bien avec Jean Marais ou Yves Montand que Roger Moore. Elle est décédée jeudi, dans un hôpital parisien, à l’âge de 87 ans.

Chevelure blonde, visage souriant, Mylène Demongeot, qui a aussi tenu des rôles au théâtre et à la télévision, fut souvent comparée à Brigitte Bardot, avec laquelle elle partageait un même amour des animaux et de l’environnement, et dont elle fut même présentée comme la rivale.Figure populaire, elle fut demandée jusqu’au bout, tenant encore un rôle dans «Maison de retraite», une comédie avec Kev Adams et Gérard Depardieu, l’un des rares films français à dépasser les deux millions d’entrées en 2022. Née à Nice le 29 septembre 1935, d’un père italien et d’une mère ukrainienne, Mylène Demongeot (de son vrai nom Marie-Hélène) commence à 7 ans des études de piano qu’elle suit assidûment à Paris, avec ses maîtres Yves Nat et Marguerite Long. Mais à l’âge de 15 ans, elle renonce à devenir concertiste et suit des cours d’art dramatique. Parallèlement à ses premiers petits rôles au cinéma à partir de 1953, elle pose pour des photos publicitaires et tombe amoureuse du photographe Henri Coste, qu’elle épouse en 1958. L’un de ces clichés lui vaudra d’être remarquée par Raymond Rouleau qui lui confie le rôle d’Abigail dans l’adaptation des «Sorcières de Salem» (1957). Elle enchaîne l’année suivante avec «Bonjour tristesse» d’Otto Preminger, «Sois belle et tais-toi» de Marc Allégret. Elle part en Italie où elle devient très populaire avec un péplum, «La Bataille de Marathon» puis avec «Les Garçons» de Mauro Bolognini, auprès de Laurent Terzieff. Dans les années 1960, elle devient Milady de Winter dans «Les trois mousquetaires» de Bernard Borderie, mais aussi la reporter photographe Hélène dans la série des «Fantômas» d’André Hunebelle, tournée avec Jean Marais et Louis de Funès. Elle a comme partenaires quelques-uns des acteurs les plus réputés de leur génération: Curd Jürgens, David Niven, Dirk Bogarde, Sami Frey… A la fin des années 60, elle rencontre l’amour de sa vie, le réalisateur Marc Simenon, fils de l’écrivain Georges Simenon, qu’elle épousera en 1968.Pour lui, elle met sa carrière en arrière-plan et le seconde dans ses productions. Leur amour résistera à la «maladie alcoolique» de Marc et seule sa mort accidentelle, en 1999, les séparera. En 2004, elle fait son grand retour au cinéma avec le film «36 quai des Orfèvres» d’Olivier Marchal, qui lui vaut une nomination aux Césars 2005 et donne un nouveau souffle à sa carrière. Elle retourne alors aux films populaires, comme la trilogie «Camping», mais aussi au cinéma d’auteur, où elle est notamment remarquée pour son interprétation de Thérèse dans «Les Toits de Paris» d’Hiner Saleem (2007). «Mylène Demongeot était une actrice engagée, sensible, notamment à la défense de la cause animale et environnementale et au droit de mourir dans la dignité», soulignent ses proches dans le communiqué annonçant son décès. Elle a écrit plusieurs livres, comme «Les animaux de ma vie», «Mes monstres sacrés» et «Très chers escrocs», en 2019, racontant ses déboires financiers avec un banquier, coupable d’escroquerie contre de célèbres clients.