Endemol France Entretien avec Claude LACAZE, DG Adjoint

    161

    LES DIRIGEANTS
    Virginie Calmels : P.-D.G.
    Claude Lacaze :
    DG Adjoint
    COORDONNEES
    Endemol France
    10 Rue Torricelli 75017 Paris

    DATE DE CREATION
    2008

    PRODUCTIONS
    «Secret Story» (TF1), «La Roue de la fortune» (TF1), «Les 12 coups de midi» (TF1)…
    MEDIA +
    Endemol France a décidé de simplifier sa structure juridique en fusionnant 15 entités de productions dans une structure unique, Endemol Productions. Avec ce reformatage, avez-vous l’intention de capitaliser vos forces face aux diffuseurs ?
    Claude LACAZE
    Endemol France est passée d’une stratégie de croissance externe à une stratégie de croissance organique grâce à la politique de diversification mise en place dès 2007 par Virginie Calmels, P.D.G d’Endemol France. Aujourd’hui, nous avons décidé de fusionner plus de quinze sociétés en une structure unique baptisée Endemol Productions et organisée par pôle (jeu et divertissement, téléréalité, docu-réalité / magazine et fiction). Cette nouvelle organisation nous permet aujourd’hui d’approcher l’ensemble du marché (chaînes historiques et TNT) avec une démarche unitaire et renforcée.

    MEDIA +
    La fiction chez Endemol demeure peu présente. Est-ce dû à un manque d’opportunité ?
    Claude LACAZE
    Le département fiction d’Endemol France a été ouvert il y a à peine trois ans, sous la responsabilité de Nora Melhli. C’est un genre beaucoup plus long à mettre en place que le flux. Après 3 ans de développement, nous sommes aujourd’hui heureux d’avoir des projets signés avec l’ensemble des diffuseurs. Nous préparons par exemple un biopic sur la vie de Christian Karembeu pour France Télévisions.

    MEDIA +
    France Télévisions va d’ailleurs s’ouvrir à la téléréalité. Cela devrait vous donner quelques opportunités…
    Claude LACAZE
    La déclaration de Rémy Pflimlin, P.-D.G de France Télévisions est une forme d’ouverture qui n’est pas étonnante. Lorsqu’il a dirigé France 3, Rémy Pflimlin a fait preuve d’innovation et d’audace en lançant des nouveaux programmes comme «C’est mon choix», «On ne peut pas plaire à tout le monde» ou encore «Plus Belle la Vie». En soit, la téléréalité n’est qu’une écriture mise au service d’une histoire. A cet égard, nous venons de produire avec Isabelle Roche pour M6 «Zéro de conduite», un docu-réalité qui aurait tout à fait pu avoir sa place sur le service public puisqu’il traite de manière très moderne et innovante de la sensibilisation à la sécurité routière.

    MEDIA +
    Pensez-vous que l’image d’Endemol demeura toujours autant associée à la téléréalité ?
    Claude LACAZE
    Le public assimile Endemol à la téléréalité puisque c’est un genre télévisuel qui provoque copieusement de la communication et du buzz. Mais la téléréalité ne représente que 25% de notre activité. C’est le résultat de la politique de diversification mise en place par Virginie Calmels dès son arrivée à la tête du groupe en 2007. Endemol travaillait alors avec 5 clients contre 16 aujourd’hui, et sur tous les genres de programmes, y compris digitaux.
    MEDIA +
    Comment expliquez-vous le fait que «L’Ile de la Tentation» diffusée l’été dernier sur Virgin 17 n’ait pas été le carton escompté ?
    Claude LACAZE
    Même si «L’Ile de la Tentation» n’a pas été un énorme carton comme vous dites, sur les 15-24 ans, le programme a multiplié par trois la moyenne d’audience de Virgin 17. Quand les chaînes de la TNT lancent de grosses productions, elles recherchent également un effet de communication et de recrutement sur cible qui porte à chaque fois ses fruits.Ce programme a également été l’occasion pour nous de montrer que nos équipes de téléréalité dirigées par Philippe Stoltz et Angélique Sansonnetti étaient capables de s’adapter à l’économie de la TNT en produisant un programme de cette envergure.

    MEDIA +
    Avez-vous peur que Geneviève de Fontenay, avec son concours parallèle, vienne parasiter la cérémonie «Miss France» que vous produisez en fin d’année sur TF1 ?
    Claude LACAZE
    Nous ne sommes pas effrayés par le concours de Geneviève de Fontenay. Il faut comparer ce qui est comparable. «Miss France» est une marque forte attendue chaque année par des millions de téléspectateurs sur TF1. C’est une émission qui s’inscrit à la fois dans la tradition et la modernité. Chaque année, nous essayons d’innover lors de ce grand rendez-vous événementiel. Ce sera encore le cas cette année grâce aux équipes d’Albert Benhammo et de Sylvie Tellier.

    MEDIA +
    «Fa Si La Chanter» sur France 3 a peiné à dépasser les 10% de pda. Comment analysez-vous cet échec?
    Claude LACAZE
    «Fa si la Chanter» n’a pas rencontré le succès escompté mais la case d’Access du samedi et du dimanche de France 3 est très difficile à installer. Pour preuve, le programme qui nous a remplacés réalise encore moins d’audience.

    MEDIA +
    En mai dernier, W9 lançait «Dilemme», une téléréalité produite par une ex d’Endemol, Alexia Laroche Joubert. Peut-on dire que «Dilemme» est une adaptation low-cost de «Secret Story» ?
    Claude LACAZE
    Si vous me posez cette question, c’est peut être que vous en avez la réponse ! C’est un sujet juridiquement à l’étude. «Dilemme» (ALJ) avait fait la promesse d’une téléréalité nouvelle génération, cependant, nous avons davantage eu le sentiment d’être revenu 10 ans en arrière à l’époque du «Loft»…

    MEDIA +
    En ce qui concerne «Secret Story», comment gérez-vous les polémiques et les fuites lancées par certains candidats ?
    Claude LACAZE
    C’est de bonne guerre ! Les candidats sont libres d’avoir un avis sur la production et chacun vit différemment son expérience. En revanche, nous avons la responsabilité d’encadrer ce genre de programmes. C’est pourquoi Virginie Calmels a souhaité mettre en place une charte éthique afin d’éviter tous types de dérapages. C’est la meilleure manière de gérer en amont certains problèmes liés à la production. C’étaient notre responsabilité et notre devoir en tant que premier producteur de programmes de flux en France.

    MEDIA +
    Acheter un format permet de réduire les coûts et de minimiser les risques. Est-ce dans la stratégie d’Endemol d’adapter un format pour minimiser les frais ?
    Claude LACAZE
    La force d’Endemol est notamment la richesse de ses formats, puisque nous avons le premier catalogue au monde avec plus de 2.000 formats. A présent, notre force est également d’être constamment dans la création de nouvelles marques. D’ailleurs, plus de la moitié des productions d’Endemol France sont des créations. Notre stratégie est donc axée à la fois sur notre force de frappe internationale en termes de formats mais également sur notre capacité créative à proposer des programmes «tailor made» à nos 16 clients. Nous avons d’ailleurs lors du MipCom cette semaine à Cannes présenté de nombreuses nouveautés très fortes comme le jeu «Money Drop» ou encore le format «Zoom» qui est l’un des premiers formats qui parvient à faire des réseaux sociaux, non pas un simple gimmick, mais l’ADN même d’un format. Un concept qui s’inscrit dans une vraie tendance du moment et qui risque de faire parler de lui.