Entretien avec… Estelle Boutière, consultante chez NPA Conseil

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    A l’occasion du festival «Les Scénaristes en séries» qui se tenait à Aix-les-bains du 18 au 21 octobre, Estelle Boutière, consultante chez NPA conseil, a présenté pour média+ les nouveaux enjeux et l’avenir des séries télévisées en 52′.

    média+ : Quel bilan NPA Conseil tire-t-il des fictions de 52′ ?

    Estelle Boutière : Il y a eu 23 programmes de 52′ qui ont été diffusés depuis un an sur les 6sixchaînes hertziennes. Sur les projets annoncés par les chaînes pour cette nouvelle saison, il y en a 20 de prévues. Donc, finalement, nous restons sur un même volume. C’est un format qui est diversifié. Je ne sais pas si l’on peut faire un bilan d’un format, en revanche, il est plus évident de faire le bilan d’une programmation, d’un thème. Ce qui est valable pour certains programmes de 52′, ne l’est pas pour d’autres. Il faut plutôt faire le bilan d’une adaptation de séries américaines et des séries à la française.

    média+ : Quelles sont les perspectives d’évolution du 52′ ?

    Estelle Boutière : Les chaînes vont faire leur bilan elles-mêmes. Nous pouvons penser que l’adaptation de séries américaines, ou bien la forte influence de ces séries, peut être différente à l’avenir. Nous allons peut-être leur donner un ton plus national, une identité plus forte. Le 52′ va rester mais en même temps le 90 n’est pas mort. Les chaînes continuent à réfléchir au format. Ce qu’on oublie, c’est que le 52′ existe depuis 12 ans avec «PJ» et ensuite TF1 s’y est mis. On a dit que le 52′ allait s’installer, et tout le monde s’y est mis. C’était d’ailleurs la nouveauté l’an dernier au festival des «Scénaristes en séries». Tout dépend de la programmation, de la diffusion, de la grille, du public ciblé. Le 52′ n’est pas un package.

    média+ : Pensez-vous que les programmes très courts de 2-3 minutes vont se multiplier ?

    Estelle Boutière : Ce sont des séries qui sont en général parrainées, donc cela permet aussi de la publicité. Elles sont diffusées pendant les tunnels publicitaires. Ce n’est pas un genre nouveau. Il y avait eu un volume important de la série «Un gars, une fille». Il faut trouver une écriture, un ton, car il y en a énormément qui se sont lancés et qui se sont arrêtés comme «Domicile adoré» ou «La vie de famille». C’est vraiment difficile pour les chaînes de réussir sur ces formats. Mais quand ça marche, c’est sans détour. Ce sont des programmes très fidélisant.

    média+ : Et le format très court sur le mobile ?

    Estelle Boutière : Ces formats très courts ont leur place sur le mobile. Le problème de la télévision sur mobile c’est qu’aujourd’hui, les individus ne sont pas équipés parce que les terminaux ne sont pas adaptés. Je pense qu’aujourd’hui c’est un marché sur lequel il faut se positionner. Les comportements changent, surtout chez les jeunes, cible qui justement fuit la fiction française. Ces nouveaux modes de consommation sont une aubaine pour cette cible donc il faut s’y intéresser de près. Le mobile et l’Internet permettent par leurs spécificités techniques des choses qui ne sont pas réalisables en télé, à savoir beaucoup plus d’interactivité. Le succès de la fiction sur le mobile passera par de nouveaux modes de narrativité et notamment le côté délinéarisé. Je pense que le flux a sa place sur le mobile. C’est peut être plus difficile pour la fiction parce qu’il faut fidéliser. Mais tout dépend, on peut choisir un programme déjà existant que l’on peut décliner, ou bien un programme «Stand alone» qui n’existe pas en télé et qu’on créée sur le mobile. Ce qui compte sur ces terminaux c’est d’avoir une marque très forte.