Espagne: ouverture du procès pour agression sexuelle d’un participant à la version espagnole de l’émission de téléréalité «Big Brother»

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Le procès d’un participant à la version espagnole de l’émission de téléréalité «Big Brother», accusé d’avoir agressé sexuellement en 2017 une autre candidate, s’est ouvert jeudi dernier à Madrid. Le parquet a requis deux ans et demi de prison et 6.000 euros de dommages et intérêts contre l’accusé. La même somme a été réclamée à la production pour les dommages infligés à la victime, à qui la séquence avait été montrée. Le procès devait commencer en février, mais avait été suspendu en raison des «problèmes psychiatriques» de la victime, qui l’avaient empêchée de témoigner. Selon le quotidien madrilène ABC, la plaignante a depuis renoncé à accuser son agresseur présumé. La scène s’était déroulée pendant le tournage en 2017 de «Gran Hermano» (Big Brother en espagnol), émission diffusée par Telecinco, la chaîne la plus regardée d’Espagne. L’émission consiste à enfermer un groupe de personnes dans une maison et à les filmer en permanence, les téléspectateurs devant éliminer successivement un par un les candidats. La plaignante avait accusé un autre participant – avec qui elle était en couple depuis «une cinquantaine de jours», selon le parquet – de l’avoir agressée sexuellement dans une chambre sous l’oeil des caméras, alors qu’elle était «dans un état d’ébriété (…) patent». La jeune femme avait «levé à deux occasions la main comme pour lui demander d’arrêter» et avait «balbutié «Je ne peux pas»», avait écrit le parquet dans un communiqué. Ce n’est qu’au bout de 10 minutes, lorsque la jeune femme avait soulevé la couette, qu’»un des membres de la production en charge du visionnage des vidéos était intervenu» en voyant «l’état inerte» de la plaignante. L’affaire avait en fait éclaté deux ans après le tournage, en 2019, lorsque la presse avait révélé que la jeune femme avait été amenée à commenter, le lendemain, la scène face à la caméra dans la pièce dite du «confessionnal». Une vidéo de cet interrogatoire dévoilée alors par un média en ligne la montrait implorant, en larmes, de cesser la diffusion des images. Le candidat avait été expulsé de l’émission.