F. APPIETTO (C8) : «TPMP, ce n’est pas la télévision à papa !»

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Perçue depuis sa création il y a 4 ans comme une chaîne de divertissement à destination du grand public, C8 compte aujourd’hui travailler son identité de «grande chaîne généraliste» et investir dans tous les types de programmes. C’est toute l’ambition de Franck APPIETTO, Directeur général de C8 qui nous détaille sa stratégie, ses nouveaux projets ainsi que les changements à venir sur l’antenne.

Face à un renforcement de la concurrence, comment C8 aborde-t-elle 2017 ? 

Franck APPIETTO : C8 se porte bien. Sur la période septembre-décembre 2016, notre chaîne est restée leader en termes de performances même si TMC a considérablement fait évoluer sa grille. Plus que jamais, on se positionne comme la chaîne la plus créative du PAF. Nous sommes typiquement les seuls à proposer 5 heures de direct par jour. C8 a créé un mouvement qui permet aujourd’hui à Cyril Hanouna de se positionner n°1 sur les 15-34 ans. Les chaînes concurrentes se reposent encore essentiellement sur un catalogue de fictions qui a fait ses preuves pour assurer une part d’audience convenable. On se retrouve face à des grilles parfaitement structurées chez nos concurrents qui prennent de faibles risques. Nous privilégions la construction d’une identité à long terme avec près de 60 visages.

Pourquoi ne pas renforcer votre catalogue en cinéma et séries ?

Lancée il y a 4 ans, C8 a la particularité d’appartenir à un groupe de chaînes payantes. Même si CANAL+ finance une grande partie du cinéma, elle n’a pas de mainmise sur les droits gratuits et ne peut les transférer chez nous. En revanche, W9 comme TMC bénéficient du soutien de leur maison mère dans une logique de télévision gratuite. Sincèrement, je suis assez confiant de la montée en puissance de notre programmation cinéma pour les mois à venir.

Comment souhaitez-vous transformer C8 ?

Je travaille à une mutation d’image de C8 qui est perçue comme une chaîne de divertissement, mais qui est en réalité une grande généraliste. Installer de nouvelles marques, c’est long. Et très clairement, un magazine comme «Pop Up» présenté par Audrey Pulvar a été salué par la presse comme étant l’un des meilleurs magazines culturels lancés à la rentrée. «La Nouvelle Edition» prend le temps nécessaire pour s’installer. Elle enregistre +61% d’audience sur la case depuis son lancement et signe des progressions sur cibles. La greffe de «Salut les terriens» sur C8 fonctionne sans avoir bénéficié d’un report massif des abonnés de CANAL+. En deux mois, Thierry Ardisson a atteint le million en Access le samedi tout en surperformant sur les 15-34, 25-49 et CSP+. Je ne prévois pas de Prime décliné de cette émission.

La structure du pré-Access est-elle satisfaisante ?

«Il en pense quoi Camille ?» est un succès qui génère 15% d’audience de plus que «Touche pas à mon sport», y compris sur cibles. Nous devons à présent trouver un programme tampon juste avant pour préparer l’arrivée de Camille Combal à l’antenne et répondre à un public plus âgé. «Touche pas à mon après-midi» fait partie des noms de code que l’on utilise parfois.

Sur l’Access, le potentiel est-il atteint sur «Touche pas à mon poste» ?

Non, je ne le pense pas. On devrait faire mieux en janvier et février, comme chaque année. Sur «TPMP», la promesse consiste à parler de notre culture audiovisuelle commune. En fonction des invités, le curseur «happenings» est plus ou moins poussé. Selon l’énergie de la bande, Cyril Hanouna les amène soit à jouer, soit à aborder des sujets de fonds.

Comment réagissez-vous aux remontrances du CSA sur TPMP ?

Nous avons eu trois injonctions du CSA. Une seule mise en garde concerne l’Access de «TPMP». A propos de l’embrassade cavalière et inconvenante de Jean-Michel Maire à 1h32 du matin pendant «Les 35 heures de Baba»,  Cyril lui a demandé de s’excuser immédiatement. Il a donc maîtrisé l’antenne. Quant à l’hystérisation provoquée par l’émission, c’est un peu la rançon de la gloire. «TPMP», ce n’est pas la télévision à papa.

Quelle est votre politique de jeux ?

«Guess My Age» est de retour pour 40 épisodes inédits. On va lancer «Couple ou pas couple ?» avec des candidats qui tenteront de reconstituer des tandems. Développé par Vivendi Entertainment, on prépare aussi un jeu d’aventures en Prime tourné à l’étranger. En revanche, on ne reconduit pas «Still Standing», «A prendre ou à laisser», «Le maillon faible».

Des chantiers pour le week-end ?

On a revu notre copie le samedi en Prime avec une programmation ambitieuse de spectacles inédits. Nous travaillons sur le dimanche qui reste pour l’instant faible. On s’interroge sur le fait de produire de nouvelles émissions ou d’opter pour une logique de téléfilms.

Et en Prime ?

On prend volontairement des risques. En quelques mois, nous avons lancé «Faut pas abuser», «Les 7 pêchés capitaux» avec Julien Courbet et «Hold Up» avec Benjamin Castaldi. Quant aux Prime dérivés de «TPMP», ils sont tous différents. Cyril et sa bande sont partis au ski ; ils vont partir également sur une île. Hors flux, C8 investit massivement dans le cinéma en coproduction et en préachat. On développe en parallèle des projets de fiction unitaire en Prime, des mini-séries et des courts métrages. Sur le sport, au-delà de la finale de la Champions League, on a des pistes avancées sur d’autres compétitions. C8 poursuit également le développement de magazines et documentaires. Nous venons de diffuser «Instincts primaires : coulisses d’une élection», on continue « Histoire interdite » et on lance une nouvelle marque avec Guy Lagache «Monument».