GB: l’influence de Murdoch dans les médias mise en cause

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    L’entrée récente de Rupert Murdoch au capital d’une télévision du réseau hertzien du Royaume-Uni est néfaste pour la pluralité des médias dans le pays, a estimé vendredi le régulateur britannique des télécommunications. L’Ofcom a jugé que la participation de 17,9% acquise au capital d’ITV à l’automne par le bouquet satellite BSkyB, que contrôle News Corp, le holding de Rupert Murdoch, posait «des problèmes d’intérêt public» quant à la pluralité des sources d’information dans le pays. Le ministère du Commerce et de l’Industrie avait demandé en mars à l’Ofcom de se pencher sur le dossier. Il doit rendre son jugement définitif dans cette affaire avant le 26 mai. L’Office of Fair Trading (OFT), qui régule les activités commerciales en première instance, a recommandé parallèlement de renvoyer le dossier devant la Commission de la concurrence, en jugeant que l’entrée de BSkyB au capital de ITV avait réduit significativement la concurrence dans le secteur et signifiait que ITV «n’était plus indépendant». BSkyB, connu dans le monde entier à travers sa chaîne d’information en continu Sky News, est détenu à 39% par News Corp, le holding de Rupert Murdoch, et est dirigé par son fils cadet, James. Outre le bouquet satellite, qui compte plus de 8 millions d’abonnés, le magnat australien a la main sur quatre grands journaux au Royaume-Uni: le quotidien The Times, le tabloïd The Sun, ainsi que leurs éditions dominicales, le Sunday Times et News of the World. Leur diffusion totale dépasse les 8 millions d’exemplaires par jour et représente 31,5% du lectorat de la presse quotidienne nationale. L’affaire a pris une tournure politique, dans la mesure où une décision du gouvernement défavorable à BSkyB pourrait avoir raison du soutien apporté depuis dix ans au pouvoir travailliste par Rupert Murdoch, selon des experts. Elle a aussi opposé le magnat des médias à l’homme d’affaires britannique Richard Branson, premier actionnaire du câblo-opérateur Virgin Media qui a tenté de racheter ITV à l’automne avant que BSkyB n’empêche l’opération dans un raid boursier. Richard Branson avait alors comparé BSkyB et son propriétaire à un «gorille de 400 kilos», avant d’appeler le gouvernement à «se lever contre» Rupert Murdoch et son empire des médias. «Sky, le Times et News of the World sont tous en faveur d’un seul parti. Si vous ajoutez ITV, vous n’avez plus de démocratie et vous laissez Murdoch décider qui sera le prochain Premier ministre», avait déploré l’homme d’affaires.