Google bloque l’accès de milliers de Canadiens à des sites d’information pour tester Ottawa

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Google bloque l’accès de milliers de Canadiens à des sites d’informations en réponse à un projet de loi visant à obliger les géants du web à payer pour diffuser le contenu des médias locaux, a confirmé l’entreprise jeudi dernier.

Cette restriction, qui s’inscrit dans le cadre d’un test temporaire, a commencé au début du mois et durera cinq semaines, ont révélé mercredi soir des médias locaux. La mesure affecte 4% des utilisateurs canadiens du moteur de recherche, a reconnu la société sans préciser sur quels critères elle sélectionnait les utilisateurs bloqués.

Google «teste sommairement de potentielles réponses» au projet de loi déposé en avril 2022 et actuellement examiné par le Sénat, a indiqué son porte-parole Shay Purdy. «Nous effectuons des milliers de tests chaque année pour évaluer toute modification potentielle de notre outil de recherche», a-t-il ajouté.

Vivement critiqué par Google mais aussi par la maison mère de Facebook, Meta, comme étant «excessivement large», le projet de loi a pour objectif de soutenir le secteur de l’information au Canada qui, selon le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, est «en crise».

Plus de 450 médias d’information canadiens ont fermé leurs portes depuis 2008, d’après le ministère. Google et d’autres grandes plateformes sont accusés par la presse de tirer profit de ses contenus sans partager les revenus qu’ils en tirent.La nouvelle loi obligerait les géants du numérique à conclure des accords commerciaux équitables avec les médias canadiens pour les contenus d’information partagés sur leurs plateformes.

Pour Google, la loi canadienne a besoin d’être corrigée et «si elle reste inchangée, (elle) pourrait avoir un impact sur les produits que les Canadiens utilisent et sur lesquels ils comptent tous les jours», a commenté le porte-parole de l’entreprise.

«Les Canadiens ne se laisseront pas intimider», a réagi le ministre Pablo Rodriguez, sur Twitter.

«Tout ce que l’on demande aux géants du web, c’est de payer leur juste part aux journalistes quand ils utilisent leur travail», a-t-il ajouté. Ce projet de loi est inspiré de celui adopté en 2021 par l’Australie, premier du genre au monde.

Le texte avait été facilement adopté après que Facebook et Google eurent trouvé des accords afin d’éviter d’être soumis à un arbitrage contraignant.

Confrontée à la même situation, l’Union Européenne a instauré en 2019 un «droit voisin» qui doit permettre la rémunération des éditeurs de presse pour les contenus utilisés par les plateformes en ligne.

Après avoir rechigné, Google a signé en novembre des accords avec des journaux français, une première mondiale. L’Agence France-Presse a signé avec Google fin 2021 un accord qui rémunère l’agence pendant cinq ans pour ses contenus présentés par le géant américain, ainsi que deux contrats commerciaux, également d’une durée de cinq ans.