I. CLARKE, D. COSTELLE et L. VAUDEVILLE (CC&C) : « Apocalypse est le 2e plus gros succès français de distribution à l’international »

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La 7ème saison de la série documentaire «Apocalypse : la guerre des mondes» (6X52’) coproduite par CC&C Clarke Costelle et Cie, ECPAD et INA, revient à partir de ce soir sur l’histoire de la guerre froide, de 1945 à 1991. Diffusée sur France 2 au cours de deux soirées événements (mardi 5  novembre et mardi 12 novembre), la chaîne déroule le tapis rouge à cette collection écrite et réalisée par Isabelle CLARKE et Daniel COSTELLE, produite par Louis VAUDEVILLE. 

MEDIA +

Quel est le budget alloué à la fabrication d’«Apocalypse : la guerre des mondes» ?

LOUIS VAUDEVILLE

Nous disposions d’un budget de 6,8 M€ avec un important apport en industrie de France 2 (accès aux salles de montage, auditoriums et monteurs). Les 6 épisodes de 52’ reviennent avec minutie et pédagogie sur les points chauds de la guerre froide, rythmée par des conflits meurtriers. De l’Indochine à la Corée en passant par le Vietnam et l’Afghanistan, le défi a été de raconter cette période sur la base d’images venues du monde entier, à la fois restaurées et colorisées. Ce qui coûte cher, ce sont la recherche des rushs et les frais techniques pour les acheminer. Quant aux droits de licence, ils varient de 1.000 à 5.000 €/minute. Nous les achetons pour une exploitation de 10 ans, dans le monde entier. La restauration des archives demande 1.000 heures de travail, sans compter l’année de remise en couleurs et les 6 mois de mixage.

MEDIA +

Comment le projet a-t-il vu le jour?

ISABELLE CLARKE 

Cette collection documentaire sur la guerre froide est en gestation depuis 10 ans. Nous avons récupéré 700 heures de rushs et près de 2.000 documents iconographiques. Ça a été vraiment complexe pour la production de porter le projet aussi longtemps.

DANIEL COSTELLE 

De toute ma carrière depuis 30 ans, c’est notre chef-d’œuvre. Pour reconstituer cette fresque historique, sans idées reçues, 80 sources ont été contactées et explorées dans le monde entier.

MEDIA +

Où avez-vous récupéré les archives?

DANIEL COSTELLE 

Nous n’aimons pas trop le mot archive. Nous appelons ça les rushs du passé puisque ce sont des films disponibles dans les cinémathèques, des endroits extrêmement vivants.

LOUIS VAUDEVILLE 

Nous avons trouvé beaucoup d’images aux États-Unis et en Russie. Ce sont des bobines de films de 16 ou 35 mm qu’il a fallu ensuite digitaliser. On filme directement sur l’écran de la table de montage.

ISABELLE CLARKE 

Après, il y a tous les autres films, les trésors que nous avons trouvés sur internet et eBay. Il y aussi des cinémathèques très spéciales en Allemagne sur les films d’anciens nazis par exemple.

MEDIA +

Quel est l’effectif de votre équipe ?

LOUIS VAUDEVILLE 

Nous avons 4 personnes à plein temps chez nous, et une quinzaine de documentalistes spécialisés pour chacun des pays.

ISABELLE CLARKE

Accompagnés des conseillers historiques, nous écrivons un guide de recherche, une sorte de conducteur. Notre méthode consiste à rêver ce que l’on va mettre à l’intérieur, comme si les documents existaient. Les ¾ du temps, les images existent. Le film s’invente au montage avec des séquences que nous n’avions pas prévues. Par exemple, la rencontre entre Truman et Staline à la conférence de Postdam, est un rush révélateur. Staline ne voulait pas que Truman s’assoie avant lui.

MEDIA +

La série a-t-elle été pré-vendue ?

LOUIS VAUDEVILLE 

Nous avons des télévisions publiques fidèles qui nous suivent (Belgique, Suisse, Espagne, Scandinavie, Canada) et de grands réseaux comme National Geographic et TV5Monde. «Apocalypse : la 2ème Guerre mondiale» a été le plus gros succès français de distribution à l’international (170 territoires) tous genres confondus sur les 25 dernières années, d’après une étude TVFI/CNC, derrière «Paf le chien».

MEDIA +

Avez-vous d’autres projets prévus pour cette saison ?

DANIEL COSTELLE 

France Télévisions nous a commandé un film complet de 2X52’ baptisé «Hitler attaque à l’Ouest». Nous avons découvert les vertus du focus. Quand on a un sujet très précis et que l’on commence à rechercher, on y trouve des choses inouïes.