J.P. BAILLE (franceinfo) : « Nous revendiquons une forme d’indépendance et d’impartialité dans notre traitement de l’information »

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Avec 9,9% d’audience cumulée (+1 pt en un an), soit 5.451.000 auditeurs chaque jour (+595.000 en un an), franceinfo réalise sa meilleure audience depuis 19 ans. La radio du service public conforte ainsi sa place de 3ème radio la plus écoutée de France. En forte progression sur tous les indicateurs, franceinfo atteint des niveaux records avec une part d’audience à 5,7% (+1,3 pt en un an) et capte une durée d’écoute à 66 minutes (+6 minutes). Analyse avec Jean-Philippe BAILLE, Directeur de franceinfo (Radio France).

MEDIA +

Meilleure audience depuis 19 ans avec 5,4 millions d’auditeurs pour franceinfo. Comment analysez-vous ce score ?

JEAN-PHILIPPE BAILLE

franceinfo a changé. On pouvait lui reprocher à l’époque d’être une radio un peu «perroquet», de donner l’info brute comme une agence de presse sans aller plus loin. Depuis quelques années, notre propos est d’apporter une plus-value éditoriale à tout ce que nous faisons : analyses, décryptages et reportages. C’est aujourd’hui notre ADN de base et il porte ses fruits. La grille a forcément évolué. Nous sommes une radio d’information généraliste, et non plus simplement une radio d’info brute. Nous avons des rendez-vous, des incarnations et la possibilité d’aller plus loin grâce aux spécialistes qui font partie de notre rédaction. Il y a aussi tout un travail mis en place autour de l’information de confiance que nous revendiquons grâce à l’agence franceinfo (créée il y a 6 ans et devenue récemment l’agence Radio France), la charte éditoriale et nos process de vérification de l’information très strictes. Dans ces moments parfois tumultueux pour l’info et la démocratie, les gens trouvent un refuge chez nous.

MEDIA +

Êtes-vous redevenu le réflexe info ?

JEAN-PHILIPPE BAILLE

Oui, et au-delà du réflexe, franceinfo s’impose comme une référence dans notre façon de traiter l’actualité.

MEDIA +

La neutralité de l’information que recherche aujourd’hui l’auditeur, c’est ce à quoi vous répondez ?

JEAN-PHILIPPE BAILLE

Bien sûr ! En revanche, j’ai toujours peur de ce terme de «neutralité» qui peut paraître un peu fade. Nous revendiquons une forme d’indépendance et d’impartialité dans notre traitement de l’information. Il n’y a pas de partisanisme.

MEDIA +

Le ton plus chaleureux et convivial de la station a-t-il joué en votre faveur ?

JEAN-PHILIPPE BAILLE

Oui, grâce aux incarnations que nous avons pu mettre à l’antenne et aux tranches qui sont beaucoup plus identifiées qu’elles ne pouvaient l’être auparavant. On apporte une régularité dans nos rendez-vous. Je crois à la radio «habitude» et d’accompagnement. Les gens ont besoin de repères. C’est ce que nous avons pu apporter ces dernières saisons.

MEDIA +

La matinale en hausse enregistre une part d’audience historique à 6,9%…

JEAN-PHILIPPE BAILLE

L’un des symboles de notre réussite, c’est évidemment la matinale portée par Marc Fauvelle qui s’articule aussi autour de Salhia Brakhlia et la participation des chroniqueurs et éditorialistes qui se succèdent. C’est également le travail de tous les membres de la rédaction. Ils ont réussi à créer quelque chose qui fonctionne et à installer un rendez-vous. Lors de nos matins présidentiels réalisés en partie avec les auditeurs, on s’est rendu compte que ces derniers appelaient et plébiscitaient ce format, ce qui n’était pas forcément une habitude à franceinfo. Nous avons réussi à créer un lien avec nos auditeurs. Cela rejoint ce que vous me dites sur le caractère beaucoup plus chaleureux de l’antenne. L’information peut être rude, difficile, brutale et anxiogène, mais on essaie de la rendre beaucoup plus «humaine». Cela ne veut pas dire que la brutalité de la guerre s’estompe. Par le décryptage, les analyses et les explications, on arrive à la rendre beaucoup plus accessible.

MEDIA +

Ce levier de progression de l’audience touche toutes les tranches. Est-ce une satisfaction ?

JEAN-PHILIPPE BAILLE

Toutes nos tranches sont en effet en progression. Nous superformons sur les carrefours d’information que sont la matinale, la mi-journée et le soir à partir de 17h00, et sur lesquels nous nous efforçons d’aller plus loin. Les auditeurs viennent nous écouter pour avoir l’essentiel de l’info traitée de manière accessible, décryptée et fiable. Cela fait partie des attentes du public aujourd’hui.

MEDIA +

La riche actualité n’est donc pas le seul indicateur qui explique la hausse d’audience des médias d’information ?

JEAN-PHILIPPE BAILLE

Il y a deux choses. Quand il y a une forte actualité, les auditeurs se dirigent vers nous. Au-delà de cet aspect, cela fait deux ans que nous sommes dans une tendance où les gens nous consomment régulièrement, même s’il n’y a pas une actualité forte. Cela signifie que nous avons installé quelque chose de pérenne. Notre offre est sérieuse et de confiance. Nous avons un socle solide.

MEDIA +

Avez-vous aussi profité de la synergie avec le média global franceinfo ?

JEAN-PHILIPPE BAILLE

Il est évident que le média global apporte ce rayonnement. La marque franceinfo irradie par le digital, les podcasts, la télévision et la radio.

MEDIA +

Votre grille va-t-elle évoluer dans les prochaines semaines ?

JEAN-PHILIPPE BAILLE

Oui, à la marge. Ce serait difficile de casser quelque chose qui fonctionne. Il faut toujours être en mouvement, faire évoluer les rendez-vous là où nous considérons qu’il y a des améliorations à faire. Nous sommes à l’écoute des équipes et de l’antenne. Mais il n’y aura pas de révolution.