Jeux vidéo: l’UFC-Que Choisir met en demeure l’éditeur américain de jeux vidéo EA Games et demande une régulation des pratiques

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L’UFC-Que Choisir a mis en demeure l’éditeur américain de jeux vidéo EA Games «d’afficher en euro les prix des contenus qu’il vend dans ses jeux vidéo», et appelle mercredi avec 19 autres associations de consommateurs européennes à une meilleure régulation.
Dans un communiqué, l’association indique, avec 19 de ses homologues européens, appeler «les autorités à mettre en place une stricte et efficace régulation du secteur», qui passerait «par l’interdiction des designs trompeurs, l’instauration de protections supplémentaires pour les mineurs ainsi que la transparence des transactions».
Est mis en avant le fait que près de 500 millions de consommateurs jouent régulièrement à des jeux vidéo en Europe, que le marché est en plein essor mais «ne bénéficie pas d’une réglementation particulière et protectrice alors même que la plupart des utilisateurs sont des jeunes ou adolescents, particulièrement vulnérables aux biais cognitifs».
L’UFC-Que Choisir renvoie notamment à une analyse du Conseil norvégien des consommateurs (NCC) qui s’est penché sur les «loot boxes», ou «pochettes surprises», incorporées dans de nombreux jeux et que les consommateurs sont incités à acheter sans en connaître le contenu. Ce rapport «met en lumière plusieurs manquements des éditeurs à la règlementation européenne», notamment parce qu’ils incitent à «dépenser au final d’importantes sommes d’argent», via un «marketing agressif, de nombreux biais cognitifs et de probabilités de gains trompeuses». De plus, ils utilisent «des monnaies virtuelles pour masquer ou déformer les coûts réels de ces contenus».
L’UFC-Que choisir reproche en outre à l’industrie du jeu vidéo de diviser en deux étapes l’acte d’achat d’un contenu dans le jeu, en achetant une quantité définie de monnaie virtuelle d’abord, pour en dépensant cette cagnotte.
«Tout est organisé pour faire oublier au consommateur le prix du contenu qu’il paye», regrette l’association, qui met donc en demeure l’éditeur de jeux à succès comme la série Fifa, Battlefield ou NHL, d’afficher les prix en euros.
A défaut, l’association «ne manquera pas d’agir en justice». Selon l’association, les achats dits «in-game», ou «ventes de contenus numériques supplémentaires dans le jeu» sont devenus une source majeure de revenus pour les éditeurs, «générant plus de 15 milliards de dollars de c.a. en 2020».