L. DE SAINT SERNIN (France Télévisions) : «Nous avons réeditorialisé les contenus des Outremers»

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Comment les contenus des Outre-mer gagnent-ils aujourd’hui en visibilité sur les antennes de France Télévisions ? Quelle est la ligne de conduite du service public ? Entretien avec Luc de SAINT-SERNIN, Directeur de la stratégie éditoriale du pôle Outre-mer, en charge de la visibilité à France Télévisions.

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Quelle stratégie avez-vous mis en place autour des Outre-mer à France Télévisions ?

Luc de SAINT-SERNIN

Nous avons d’abord restructuré et réeditorialisé les contenus des Outre-mer diffusés sur les antennes de France Télévisions. Cela concerne les 1ères, leurs portails et la visibilité sur les chaînes nationales. C’est singulièrement vrai avec «Outremer.le mag» qui remplace l’émission «Les Témoins d’Outre-mer» diffusée sur France 3 jusqu’à la rentrée à 8h30. Non seulement l’émission a été recalibrée éditorialement, mais en plus elle est diffusée à 10h50 sur France 3. Mécaniquement, le programme touche plus de monde. Le magazine s’insère dans un bloc de programmes du lundi au vendredi de 10h50 à 11h50 : «Outremer.le mag», suivi d’«Outremer.l’info» et de la «Météo». Tous les jours, il y a un 26’ dédié à l’Outre-mer sur France 3. Ce qui a poussé à cette rééditorialisation, c’est l’envie de donner plus de visibilité aux contenus d’Outre-mer sans tomber dans la folklorisation, et en prenant leur point de vue.

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Faites-vous appel à des producteurs locaux ? 

Luc de SAINT-SERNIN

Pour les magazines nationaux, nous faisons appel à des producteurs métropolitains comme Eden Prod. En revanche, pour notre activité documentaire, nous avons aussi bien des producteurs d’Outre-mer que des métropolitains. Chaque station locale ultramarine dispose d’au moins une case documentaire par semaine ainsi qu’une représentation documentaire sur France 3 le jeudi en 3ème partie de soirée. La case s’appelle «La ligne bleue Outre-mer» et nous allons la rebaptiser «Outremer. le doc» pour plus d’homogénéité.

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Vous adossez-vous à des événements locaux pour faire rayonner les contenus d’Outre-mer ?

Luc de SAINT-SERNIN

Nous avons une politique de festivals qui s’implante sur trois bassins afin d’enrichir les contenus de nos grilles de programmes régionaux. Du 12 au 16 octobre, le FIFAC (Festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbes) vise à créer un palmarès de films documentaires avec le meilleur de la création audiovisuelle de la zone Amazon-Caraïbes, de Miami à Caracas, de Rio à Trinidad. Nous voulions aussi créer en parallèle un marché du film et des programmes dans lequel nous invitons des directeurs de chaînes des pays avoisinants. On peut ainsi acheter, échanger et coproduire. Il y a aussi le FIFO (Festival International du Film Océanien) à Papeete, et bientôt un 3ème festival, le FIFOI (Festival International du Film de l’Océan Indien) qui se tiendra en fin d’année à Saint-Paul de la Réunion.

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Dans quelle logique s’inscrivent vos objectifs éditoriaux ?

Luc de SAINT-SERNIN

Le 1er objectif est d’ancrer les Outre-mer dans leur réalité régionale. Pour alimenter les 1ères, nous avons à Malakoff une structure qui s’occupe d’acheter, échanger, fabriquer et coproduire les contenus. Même s’ils sont achetés en syndication, nous cultivons de plus en plus des achats par bassin afin de trouver des contenus qui correspondent le mieux aux attentes des publics locaux. Nous nous ouvrons aussi de plus en plus aux productions extérieures. Le 2ème objectif est d’apporter davantage de visibilité et donc de proximité aux Outre-mer. Ils doivent être visibles au même titre que les autres régions de France, tout en étant reconnus pour leur capacité à créer des bons programmes. La série «OPJ» du pôle Outre-mer, tournée à la Réunion avec un casting ultra-marin, a fait un carton sur France 3 lors de sa diffusion en juillet dernier : 4,2 millions de téléspectateurs soit 20% de pda.