L. FOLLEA & M. JESTAZ (Nilaya Productions) : «Nous travaillons en profondeur sur des sujets très variés»

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Dans le cadre de la diffusion mardi 1er juin du documentaire «Schnocks – La vie en vieux» dans la case «Infrarouge» de France 2, média+ s’est entretenu avec Laurent FOLLEA, co-réalisateur du film & Marianne JESTAZ, productrice artistique chez Nilaya Productions.

MEDIA +

Quelle est l’origine du documentaire «Schnocks» diffusé lundi 1er juin à 22h45 sur France 2 ?

Laurent FOLLEA

Avec mon co-réalisateur Antonin Boutinard Rouelle, nous souhaitions proposer un film à la fois élégant et sophistiqué pour capter la vieillesse sans aucun filtre. La case «Infrarouge» de France 2 nous offre cette possibilité de traiter en profondeur ce sujet, sans y ajouter de commentaires. Il a fallu un long travail d’enquête pour trouver dans toute la France, des personnes issues de toutes catégories socio professionnelles et de plusieurs régions de France. Ce film de 52’, intitulé «Schnocks», sur la vieillesse, est un portrait multifacettes, un kaléidoscope de protagonistes âgés de 63 à 92 ans. A travers les thèmes du corps, du travail, de l’amour, de la solitude, du foyer, de la mort, ils nous montrent que la vieillesse n’est pas une fin mais une révolution personnelle.

MEDIA +

Quel est votre parti pris de réalisation ?

Laurent FOLLEA

Toute la réalisation de ce documentaire a été très préparée, découpée et … captée avec une caméra de cinéma. Sur le tournage, nous étions en équipe légère, sans être pour autant dans une configuration reportage. Nous avons fait le choix de l’absence d’une voix off afin qu’elle ne vienne pas perturber le discours de nos protagonistes, pour qu’ils apparaissent tels quels, sans filtre ni maquillage. Une belle complicité s’est créée entre les personnages rencontrés et nous. Ils nous parlaient comme si nous étions leurs petits-enfants. Nous sommes convaincus que ce saut de génération a libéré leur parole.

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«La parole libre», c’est ce que vous recherchez dans vos productions ?

Marianne JESTAZ 

Travailler avec des réalisateurs qui savent instaurer un rapport de confiance avec leurs interlocuteurs afin de permettre une parole authentique, c’est une vraie ambition. Chez Nilaya Productions, nous travaillons en profondeur sur des sujets très variés, que ce soient des films d’archives avec des experts ou des documentaires scientifiques avec des spécialistes ayant une parole documentée. L’ADN premier de Nilaha Productions, c’est le documentaire. Il est très lié au parcours de notre présidente, Patricia Boutinard Rouelle, qui a été pendant 16 ans à la tête des documentaires de France Télévisions. A ce jour, nous produisons de nombreux documentaires d’histoire, de société mais aussi d’investigation ou de science. On s’ouvre aussi à la fiction après notre première expérience : «Meurtre à Pont-L’Évêque» sur France 3 en 2020. Actuellement, nous sommes en cours de développement avec France 2 d’une fiction unitaire historique sur la seconde guerre mondiale, conçue à partir d’une histoire vraie.

MEDIA +

Les codes de la fiction rapportés au documentaire, ça se démocratise ?

Marianne JESTAZ 

Bien entendu ! Nous venons de produire «Révolution !», un programme de 2X52’ sur la révolution française réalisé par Hugues Nancy avec des séquences de fiction mises en scène par Jacques Malaterre. Il sera diffusé en Prime Time très bientôt sur France 2. Nous jouons à la frontière de la fiction et du documentaire, comme si un reporter était sur place entre 1789 et 1795. Le principe filmique est assez particulier dans la mesure où l’on fait l’interview des figures politiques comme Danton et Robespierre, on suit les aventures du peuple de Paris et des habitants du Faubourg St. Antoine en train de préparer la révolution et on anime des gravures authentiques des grands moments de cette période.  

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Quels sont les autres projets ?

Marianne JESTAZ 

La réalisatrice Audrey Gordon vient de tourner pour France 5 «Une histoire d’amour sous l’occupation italienne» (52’) coproduit avec l’Italie. En production, «La France de l’après-guerre» (2X52’) de Michaël Gamrasni pour France Télévisions qui est la suite de «La France de l’entre-deux guerres», «Il était une fois Marseille, Ville Monde» (100’) de Hugues Nancy pour le Prime de France 3 ou encore «Classe moyenne, les révoltées» (55’) de Frédéric Brunnquell pour ARTE. Nous produisons aussi «Les enfants sacrifiés du Royaume de Chimor» (90’), un documentaire de science pour France 5 signé Jérôme Scemla, qui mêle archéologie et histoire. Enfin, nous produisons 6 modules éducatifs pour Lumni sur la révolution.