La «cyberattaque sans précédent» dont a fait l’objet la Cour pénale internationale avait probablement «pour but l’espionnage»

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La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé vendredi que la «cyberattaque sans précédent» dont elle a fait l’objet en septembre avait probablement «pour but l’espionnage», sans confirmer l’origine de celle-ci. Le tribunal basé à La Haye a également fait état de «préoccupations sécuritaires» grandissantes alors que plusieurs de ses magistrats ont été sanctionnés par Moscou en représailles à l’émission d’un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine, et après qu’un espion russe a presque réussi à infiltrer la juridiction.

«Les preuves disponibles jusqu’à présent sont autant d’indices d’une attaque ciblée et complexe, ayant pour but l’espionnage», il y a cinq semaines, a déclaré la CPI dans un communiqué. «Elle peut donc être interprétée comme une tentative sérieuse de saper le mandat de la Cour», a-t-elle déploré, tout en assurant avoir déployé de nombreux et sérieux efforts pour répondre à cette «cyberattaque sans précédent».

La CPI avait une semaine après cette attaque d’abord évoqué un «incident de cybersécurité». Elle a également indiqué avoir fait l’objet «de tentatives quotidiennes et persistantes d’attaque et de perturbation de ses systèmes». En avril 2022, un ressortissant russe, qui vivait sous plusieurs identités, avait tenté d’infiltrer la CPI, en tant que stagiaire. «La Cour a déjà pris et continuera de prendre toutes les mesures nécessaires pour remédier à toute fuite d’information se rapportant à des particuliers, à des organisations et à des États», a-t-elle assuré. Elle s’est également dite «prête à réagir à toutes éventuelles retombées futures de la cyberattaque, y compris tout risque potentiel pour la sécurité des victimes et des témoins, des officiels de la Cour et de ses opérations».

La CPI, qui enquête sur les accusations de crimes de guerre en Ukraine visant la Russie, a émis en mars un mandat d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine, qu’elle accuse de crime de guerre pour la «déportation illégale» de milliers d’enfants ukrainiens dans le cadre du conflit entre Moscou et Kiev. Des accusations rejetées par Moscou.

En représailles, la Russie a placé plusieurs hauts-magistrats de la cour, notamment son procureur et son président, sur une liste russe de sanctions. La CPI a également annoncé avoir identifié des campagnes de désinformation à son encontre et contre «ses responsables».

«Avec les informations actuellement disponibles, il n’est pas possible pour la Cour de confirmer qui est responsable de cette attaque. Les autorités policières néerlandaises mènent actuellement une enquête pénale», selon la juridiction.