Puisant dans l’histoire ou dans l’actualité contemporaine, la fiction télévisée française s’enracine dans le réel, loin des séries d’action spectaculaire ou de l’imaginaire fantastique qui caractérisent souvent la fiction américaine. «Les programmes que nous avons vu parlent de notre société, de notre histoire», indique Sophie Deschamps ancienne présidente de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques (SACD), qui a présidé la commission chargée de sélectionner les 21 programmes en compétition au 10ème Festival de fiction TV, en cours à La Rochelle. Qu’il s’agisse de téléfilms unitaires ou de séries, le téléspectateur français se verra dans les mois à venir confronté à des personnages qu’il connaît: Françoise Dolto, l’affaire de Bruay-en-Artois, Françoise Sagan ou encore, dans le genre historique, le cardinal Mazarin. Selon Sophie Deschamps, «on n’est pas dans l’exotisme» cher aux Américains. La fiction française, souligne-t-elle, «ne propose pas de voyager» et «reste souvent en France». Selon une étude de l’agence NPA Conseil, partenaire du festival, l’offre de fiction des principales chaînes françaises (TF1, France 2, France 3, M6) est dominée par les fictions policières. Mais l’offre française joue davantage sur le réalisme, le drame sentimental ou social, alors que l’offre étrangère favorise l’évasion, privilégiant le surnaturel et le film d’aventures. Le film d’action exige «un très gros financement», souligne Sophie Deschamps, estimant qu’une série comme «24 heures chrono» serait «très difficile» à réaliser actuellement en France. Les réalisateurs français préférent donc miser sur leurs propres atouts, comme l’humour. Les scénaristes français savent, mieux que les étrangers, «se moquer de leurs propres ridicules ou de leurs propres défauts». «Les Bougon», une série dont les deux premiers épisodes seront prochainement diffusés par M6, raconte les aventures d’une famille de «rebelles des temps modernes», présenté comme un «contre-modèle de notre société», qui ont fait de la débrouillardise une religion». Moins riche que la fiction américaine, la fiction française doit «se battre avec ses armes», ajoute-t-il.



































