La Maison Blanche veut empêcher le transfert des «données personnelles sensibles des Américains» vers la Chine

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Le président américain Joe Biden a signé mercredi un décret visant à «protéger les données personnelles sensibles des Américains» d’une utilisation par des pays considérés comme «sensibles», une dénomination qui vise en premier lieu la Chine.

Ce décret, qui vient s’ajouter à une série de mesures visant à restreindre l’accès de la Chine aux données et technologies américaines, vise à «empêcher le transfert à grand échelle des données personnelles des Américains vers des pays sensibles et apporter les garde-fous nécessaires» en la matière, selon un communiqué publié tôt dans la matinée par la Maison Blanche.

Les données concernées ont trait au génome, à la biométrie, aux données de santé ou financières, ainsi qu’à la géolocalisation. «De mauvais acteurs peuvent utiliser ces données pour tracer les Américains, s’immiscer dans leur vie personnelle et (les) transmettre à des courtiers spécialisés ou des services de renseignement étrangers», est-il souligné dans le communiqué, pour justifier cette décision. Cette décision intervient alors que la collecte et surtout l’utilisation des données gagne en importance avec le développement de l’intelligence artificielle (IA), ainsi que des véhicules électriques et intelligents, qui sont souvent bardés de capteurs, permettant un suivi à la trace, et dont les principaux acteurs sont aujourd’hui chinois. «La vente des données personnelles des Américains représente un risque significatif en terme de vie privée, de contre-espionnage, de chantage et d’autres risques liés à la sécurité nationale», a par ailleurs estimé la Maison Blanche. La question de la gestion des données et de leur transfert à l’étranger est devenu un sujet essentiel pour l’ensemble des gouvernements dans le monde.

L’Union européenne (UE) cherche de longue date à protéger les données personnelles des Européens collectées par les entreprises américaines et à s’assurer des conditions de leur transfert aux Etats-Unis ou de leur stockage en Europe, ainsi que de leur accès par des entités externes. L’UE a notamment mis en place son règlement européen sur les marchés numériques (DMA) ainsi que celui sur les données personnelles (RGPD) qui fixent des règles très précises à toutes les entreprises, notamment américaines, sur la gestion des données personnelles des Européens ainsi que leur transfert.

Pékin a de son côté appelé lundi les entreprises nationales et les gouvernements locaux à mieux protéger leurs données, notamment contre les cyberattaques. Une entreprise chinoise, I-Soon, prestataire informatique, a été accusée le 21 février d’avoir infiltré les systèmes d’une douzaine de gouvernements, d’organisations pro-démocratie à Hong Kong ainsi que de l’Otan.