Le groupe Huawei perquisitionné en France dans une procédure portant sur des soupçons d’atteintes à la probité

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Les bureaux du géant des télécoms chinois Huawei ont été perquisitionnés mardi en France dans une procédure portant sur des soupçons d’atteintes à la probité, a indiqué jeudi une source judiciaire.

Confirmant un article du média en ligne L’Informé, cette source a précisé que cette enquête préliminaire était menée par des magistrats du Parquet national financier (PNF). Il n’était pas possible dans l’immédiat d’avoir plus de détails sur les faits reprochés à la société, dont le siège français est situé à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), à quelques pas du périphérique parisien.

Les atteintes à la probité regroupent les infractions telles que la corruption, le trafic d’influence ou la prise illégale d’intérêts. Challenges avait annoncé en avril 2022 qu’après un signalement en janvier 2021 de l’Agence française anticorruption (AFA) sur de possibles abus de bien sociaux et de la fraude fiscale, une enquête préliminaire avait été ouverte à Nanterre sur Huawei, confiée à la Brigade financière de Paris. Mais la source judiciaire a indiqué jeudi qu’il ne s’agissait «pas d’une enquête émanant de Nanterre sur signalement de l’AFA». Arrivé en 2003 en France, où le groupe chinois a ouvert six centres de recherche et un centre mondial de design à Paris, Huawei fait en ce moment construire une usine en Alsace, sa première hors de Chine, avec l’objectif d’y débuter «fin 2025» sa production d’équipements pour réseaux télécoms mobiles, notamment 5G. L’entreprise revendique une part de 20% du marché français des infrastructures télécoms, malgré les fortes restrictions issues de la loi dite «anti-Huawei» de 2019, visant à prémunir les réseaux français de «risques d’espionnage, de piratage et de sabotage» permis par la 5G.

Fondée en 1987, la société Huawei, entreprise privée non cotée en Bourse, affirme employer plus de 200.000 personnes dans plus de 170 pays et régions. Le groupe basé dans la métropole de Shenzhen (sud de la Chine) est depuis plusieurs années au centre d’une intense rivalité technologique entre Pékin et Washington.

Les Etats-Unis, sans avancer de preuves, accusent l’entreprise de pouvoir espionner au profit des autorités chinoises, ce que Huawei conteste fermement. La marque reste également le premier équipementier mondial pour la 5G, cinquième génération de l’internet mobile. En juin, la Commission européenne avait estimé que les fournisseurs chinois d’équipements télécoms, dont Huawei, représentaient un risque pour la sécurité de l’Union européenne. Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, avait ainsi appelé les 27 pays membres de l’UE et les opérateurs télécoms à exclure ces équipements de leurs réseaux mobiles.