Le Parlement européen lance un site destiné à recueillir des informations sur les pratiques douteuses des lobbyistes des Gafam

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Un groupe d’élus européens et d’ONG a lancé ce jeudi 2 février un site baptisé LobbyLeaks, destiné à recueillir des informations sur les pratiques douteuses des lobbyistes des Gafam.

«Les campagnes et tactiques de lobbying qui enfreignent le code de conduite du registre de transparence de l’Union européenne ou sont considérées comme une forme non réglementée de lobbying peuvent être transmises via le site internet lobbyleaks.eu», a annoncé Corporate Europe Observatory, l’une des ONG à l’origine de l’initiative.

Ce site est destiné avant tout aux élus et employés du Parlement européen, qui pourront soumettre les agissements jugés suspects des partisans des Gafam, allant des courriels aux publicités ciblées.

L’Union européenne mène un bras de fer sur plusieurs fronts contre les géants de la tech, sur la confidentialité des données, les pratiques anti-concurrentielles ou encore pour dumping fiscal.

Un groupe de députés européens a accusé l’an dernier Amazon, Google et Meta d’astroturfing, c’est-à-dire de promouvoir leurs positions à travers des études ou associations de façade, qui ont pour seul but de défendre leurs points de vue. Les groupes ont démenti toute pratique illégale. «LobbyLeaks augmentera la pression sur les institutions européennes pour qu’elles demandent des comptes aux campagnes de lobbying louches des Gafam. Il permettra la collecte de plus de données qui pourraient ouvrir la voie à des règles et réglementations plus strictes au sein de l’Union européenne», a ajouté Corporate Europe Observatory.

«La manipulation par du lobbying louche est une menace non seulement pour l’élaboration des lois mais pour l’ensemble de notre démocratie», a déclaré l’eurodéputé néerlandais Paul Tang, dans un communiqué.

«C’est pourquoi nous devons braquer les projecteurs sur tous ces loups déguisés en brebis et lutter contre les méthodes déloyales de lobbying».

L’Union européenne a infligé des amendes de plusieurs milliards de dollars aux Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ces dernières années et adopté plusieurs régulations supplémentaires l’an dernier, contre des abus de positions dominante ou pour les pousser à retirer les contenus haineux.