Les «petites mains» du cinéma en grève pour leurs salaires

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    Les techniciens du cinéma, petites mains des tournages de films, ont fait grève brièvement mardi pour défendre leurs salaires qu’ils jugent menacés, en dépit de la bonne santé du 7ème Art hexagonal, mais espèrent voir sauvegardés par une convention collective en cours de renégociation. Les techniciens et ouvriers du cinéma (monteurs, électriciens, machinistes, costumiers, régisseurs…) ont décidé de suspendre la grève de quatre jours lancée le jour même par trois de leurs syndicats, ces derniers ayant obtenu la veille, des concessions importantes côté patronal. La reprise du travail a été votée à main levée, à une large majorité – 221 voix pour, 23 contre, 34 abstentions – par les personnes réunies à la Bourse du travail à Paris, à l’appel des syndicats SNTPCT, SNTR/CGT et SGTIF/CGT. Ces derniers ont obtenu lundi soir de trois organisations de producteurs le maintien de la grille de salaires hebdomadaires actuelle, basée sur 39 heures, revalorisée de 1,14% à compter du 1er juillet, pour «la durée restant à courir» de la convention collective, environ une année. Ce texte d’accord devait être signé dans la foulée mardi soir, par l’APC, l’API et l’UPF côté patronal, lors d’une réunion au ministère du travail. Celle-ci s’inscrit dans une épineuse renégociation de la convention collective de la production cinématographique, qui a démarré en 2004 et risquait de s’enliser ces derniers mois. La grève lancée mardi, la cinquième en neuf mois, était motivée par la forte inquiétude soulevée, dans le secteur, par les propositions patronales antérieures, notamment l’instauration d’une grille de 48 heures. Les syndicats dénonçaient une «politique de la terre brûlée au plan social», et craignaient de voir les rémunérations diminuer de 20 à 30%. Une quarantaine de tournages étaient paralysés mardi en France par une grève très suivie selon les syndicats. Cette inquiétude se manifeste dans un secteur qui pourtant se porte bien, les films français ayant attiré plus de public, en France, que ceux de Hollywood en 2006, une année où la fréquentation des salles a atteint un niveau record de plus de 188 millions d’entrées, selon les chiffres du Centre national de la Cinématographie. «Pendant des années les conditions de travail se sont dégradées dans le cinéma parce que l’application de la convention collective n’était pas obligatoire», a estimé mardi Gérard Besner, du SGTIF/CGT.