Les présentateurs météo se forment à parler davantage des phénomènes météo extrêmes

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Des centaines de présentateurs météo du monde entier se sont formés, mardi à Paris, à parler davantage des phénomènes météo extrêmes influencés par le changement climatique, aidés par des chercheurs qui convoitent leurs audiences. «En tant que présentateur météo c’est notre métier de vulgariser les données scientifiques», explique Sabrina Jacobs, journaliste et présentatrice météo de la chaine belge RTL-TVI. «Le public nous connaît bien, on fait un peu partie de la famille donc notre message peut porter davantage», dit-elle dans un sourire. Ce lien particulier entre les présentateurs météos et les téléspectateurs, Jean Jouzel et Christian Vannier l’ont bien compris. Les deux hommes ont créé le Forum international de la météo et du climat en 1994 avec pour objectif de former les présentateurs météo aux enjeux du réchauffement climatique, de plus en plus palpable ces dernières années avec la multiplication de phénomènes extrêmes, au 1er titre desquels les canicules, comme celle qui vient de frapper la France et l’Espagne. Pour la dernière édition, qui s’est tenue dans les locaux du Centre national d’études spatiales (CNES), près de 400 météorologues ou présentateurs météo du Burkina Faso, des Etats-Unis, ou encore du Canada y ont assisté à distance. Une quinzaine de présentateurs français, belges ou malgaches étaient sur place. Y a aussi fait une apparition l’une des plus connues des présentatrices françaises, Evelyne Dhéliat de TF1, dont un bulletin de 2014 prédisant pour 2050 les températures infernales de la semaine dernière est devenu viral sur les réseaux sociaux. «Les bulletins météo restent les programmes les plus regardés, avec un taux d’écoute le plus important, tous pays confondus», précise Christian Vannier. Pour Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du groupe d’experts de l’ONU sur le climat (Giec), la communication est essentielle et les présentateurs météo sont le «vecteur idéal». Mais comment en parler? La visualisation des données est clé. Des scientifiques de l’agence spatiale européenne (ESA), Robert Meisner et Paul Fisher, sont justement là pour présenter les dernières évolutions. Leur satellite dernière génération est capable, grâce une résolution inédite, de distinguer à l’intérieur des villes les îlots de chaleur et de fraîcheur. L’ESA publie sur son site des images satellite en expliquant les phénomènes qu’elle montre, et ces outils sont accessibles à tous… Les présentateurs météo ne manquent pas de les réutiliser, comme l’a rappelé Carlo Buentempo, chef du service sur le changement climatique de Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne. Le forum a aussi «vocation à rapprocher pays du Nord et pays du Sud. Pour les pays africains, savoir comment mieux diffuser les questions liées au réchauffement climatique est un vrai enjeu», dit Christian Vannier. Une question à laquelle Mamy Nirina Randrianarivelo, météorologue et ancienne présentatrice météo sur la chaîne nationale malgache, est confrontée quotidiennement. La météorologue malgache participe au forum depuis 2014, une formation qui lui a permis de «relever le défi» de créer une web TV consacrée au climat, qui doit s’ouvrir en septembre 2023. Le rôle des présentateurs météo évolue. «Les phénomènes extrêmes ont des conséquences désastreuses, qui touchent nos proches, on ne peut pas ne pas en parler», explique Chloé Nabédian, journaliste et présentatrice météo chez France Télévisions. En France, les présentateurs météo travaillent en étroite collaboration avec les chercheurs, notamment de Météo France. «Chaque matin j’échange avec un météorologue qui va me communiquer desninformations, des données. J’ai aussi un abonnement à Météo-France et je me forme régulièrement avec eux», explique Christine Pena, qui donne la météo aux auditeurs de Franceinfo.