«Libération»: le Conseil de surveillance se réunit aujourd’hui

44

 

Le Conseil de surveillance de «Libération», qui représente les actionnaires du quotidien, se réunit mercredi pour examiner notamment la question des statuts du journal dans un climat de défiance de la rédaction vis-à-vis de son patron Nicolas Demorand, sur la sellette. La Société Civile des Personnels de Libération (SCPL), actionnaire minoritaire aux côtés d’Edouard de Rothschild et Bruno Ledoux (groupe immobilier Colbert), demande l’application des statuts du journal qui prévoit explicitement une séparation des fonctions de directeur du journal (président du directoire) et celles de directeur de la rédaction. Mais depuis 2006, ces fonctions ont été successivement cumulées, d’abord par Laurent Joffrin, puis par Nicolas Demorand, fortement décrié par la quasi-totalité des personnels. Dernier épisode en date, la fameuse Une indiquant que Laurent Fabius démentait une rumeur sur un éventuel compte en Suisse. «Une faute déontologique grave», avait réagit le personnel. «Cet épisode dommageable à l’image de «Libération», qui engage la responsabilité de Nicolas Demorand, illustre une nouvelle fois la mauvaise gouvernance du journal», dénonçait le jour-même la SCPL. Cette affaire, selon la SCPL, «confirme l’urgence de l’élection d’un directeur de la rédaction de plein droit, en vertu des statuts de l’entreprise, réclamée depuis le 19 mars par 94% de l’équipe». Le 19 mars, lors d’une assemblée générale houleuse,  94% des quelque 200 votants s’exprimaient en faveur d’une séparation claire des fonctions. La SCPL évoquait alors «un climat de tension» qui exigeait «l’apaisement».  La distinction des deux postes remontait à Serge July, patron-fondateur du journal. Après son départ demandé par Edouard de Rothschild, nouvel actionnaire principal du journal en 2006, le cumul avait été appliqué par Laurent Joffrin à titre temporaire, mais avait duré jusqu’à son départ début 2011.