Séries Mania fait progresser chaque année ses actions pour construire un festival international capable d’allier excellence artistique et sobriété environnementale. L’occasion pour media+ d’évoquer la feuille de route mise en place avec Marianne GUILLON, Directrice de Series Mania Institute, responsable de la démarche RSE.
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Alors que l’édition 2026 se prépare, quels sont vos objectifs pour réduire l’empreinte carbone du Festival Séries Mania ?
Marianne GUILLON
Notre objectif n’est pas de promettre une transformation brutale, mais de réduire progressivement et durablement l’impact du festival, année après année. Nous travaillons en priorité sur les postes où nous avons un levier direct : l’énergie, les matériaux, les déchets, et la logistique. Concrètement, pour 2026, il s’agit de consolider des choix structurants déjà engagés, comme l’alimentation électrique 100% réseau, la limitation des matériaux à usage unique, le réemploi de nombreux éléments de scénographie et le recours accru à des filières locales. C’est une démarche de petits pas, mais inscrite dans un cadre très structuré grâce à la certification ISO 20121.
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Comment se compose l’équipe « RSE » du Festival ?
Marianne GUILLON
La stratégie RSE est portée par une équipe transversale, que nous appelons la «green team», composée d’une quinzaine de collaborateurs issus de tous les services : production, technique, accueil, communication, logistique, administration. Cette équipe travaille toute l’année, pas seulement pendant le festival. Elle permet de faire remonter des idées très concrètes du terrain, d’arbitrer les priorités et surtout d’ancrer la démarche RSE dans le fonctionnement quotidien de l’événement, plutôt que d’en faire un sujet à part. Elle propose aussi des webinaires internes sur différents thèmes pour permettre une appropriation par toute l’équipe des enjeux environnementaux.
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Pour arriver à ces résultats, quelles sont les grandes actions initiées dans votre stratégie RSE ?
Marianne GUILLON
Nous travaillons de façon très pragmatique, poste par poste. Deux exemples très visibles. Le tapis rouge, qui est unique pour toute la durée du festival, en polyester recyclé, entretenu quotidiennement, et dont la revalorisation est assurée par notre prestataire. Le zéro groupe électrogène, grâce au raccordement complet au réseau électrique ce qui permet d’éviter environ une tonne de CO2. Mais la stratégie va bien au-delà : éclairage 100% LED, réemploi de décors et de structures, limitation des surfaces de moquette, fin des badges PVC, politique de réduction des emballages, etc. Ce sont des choix très opérationnels, intégrés dans toute la chaîne de production du festival.
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Comment travaillez-vous avec les fournisseurs régionaux ?
Marianne GUILLON
Nous privilégions systématiquement, dès que c’est possible, des prestataires implantés dans les Hauts-de-France. C’est un choix à la fois environnemental, pour limiter les transports, et économique, pour renforcer l’ancrage territorial du festival. Cela concerne aussi bien la production du tapis rouge, la scénographie, les structures du Forum, que les traiteurs ou les objets réalisés par des artisans locaux. Nous travaillons avec eux dans la durée, ce qui permet aussi de faire progresser ensemble les pratiques.
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La gestion des déchets est-elle un défi pour le Festival ?
Marianne GUILLON
Oui, clairement. Un événement de cette taille génère forcément des volumes importants de déchets. L’enjeu n’est pas de prétendre les faire disparaître, mais de mieux les trier, mieux les valoriser et en produire moins. Grâce au travail avec Lille Grand Palais, et leurs prestataires Baudelet Environnement et Lemon Tri, nous atteignons aujourd’hui des niveaux de revalorisation très élevés : moquettes transformées en CSR, matériaux réinjectés dans les filières de recyclage, bois réemployé via des associations, etc. C’est un travail de fond, très technique, mais absolument central dans notre démarche.


































