M. HAUTEFORT (Netgem) : «Nous visons à créer une «Super App», une plateforme tout-en-un»

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Netgem lance son premier service qui unifie TV, streaming et Cloud Gaming. Comment vous positionnez-vous sur ce marché ?

MATHIAS HAUTEFORT

Notre stratégie vise à captiver le grand public via leur consommation de télévision et de vidéos. Les utilisateurs accèdent ainsi aux jeux vidéo directement dans l’interface principale de leur téléviseur. Pour satisfaire cette clientèle, il est crucial que leur box tv soit compatible avec des technologies à très haut débit, garantissant une expérience utilisateur de qualité supérieure. De plus, nous offrons la possibilité aux fournisseurs de services télécom d’améliorer leurs offres en adéquation avec leur politique tarifaire. Grâce au Cloud Gaming, nous donnons un nouvel élan aux box tv, qui deviennent polyvalentes, faisant office à la fois de décodeur TV et de console de jeux.

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Quelles sont les caractéristiques qui distinguent votre produit «Zeop gaming by Pleio» des autres offres disponibles ?

MATHIAS HAUTEFORT

D’abord, les options de Cloud Gaming proposées par les opérateurs télécom en Europe sont limitées. Ensuite, le service que nous venons de lancer avec notre partenaire zeop à la Réunion, associé à la première offre FTTR (Fiber to the room), se distingue par une caractéristique clé : l’interface de notre Box TV est identique à celle du Cloud Gaming. Cela nous permet d’intégrer les contenus de manière intuitive. Par exemple, le film «La Grande Aventure Lego» se trouvera juste à côté de son jeu vidéo Lego, permettant aux utilisateurs de basculer ainsi de la vidéo au jeu vidéo. Cette approche rend l’utilisation beaucoup plus simple et intuitive. Elle s’adresse à un public large, pas seulement à ceux qui cherchent activement du contenu de gaming.

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Quels ont été les principaux défis rencontrés dans le développement de cette plateforme intégrée de divertissement ?

MATHIAS HAUTEFORT

L’intégration de la technologie Cloud Gaming de Gamestream a été particulièrement intéressante à travailler. Cette technologie repose sur des serveurs dédiés à l’exécution des jeux à distance. Cette fonctionnalité est rendue possible grâce à une connexion directe aux serveurs de notre partenaire, Gamestream.

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Comment Netgem, en tant qu’intégrateur et distributeur de Gamestream en Europe, envisage-t-il d’étendre cette offre à d’autres opérateurs télécom ? Y a-t-il déjà des discussions en cours ?

MATHIAS HAUTEFORT

Oui, bien sûr ! Nous avons conclu un accord avec un opérateur européen, mais il est prématuré d’annoncer des détails à ce sujet. Nous discutons aussi avec un autre opérateur en France. Notre approche est très pragmatique : nous offrons à la fois une expérience de Cloud Gaming traditionnelle, permettant de jouer à des jeux vidéo directement sur sa Box TV, et une interface qui combine télévision et jeux vidéo. Bien que cette fusion ne soit pas obligatoire, nous la considérons comme une expérience utilisateur enrichie et plus captivante. Les opérateurs télécom montrent d’ailleurs un intérêt marqué pour proposer des contenus originaux comme celui-ci.

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En termes de modèle économique, comment le gaming contribue-t-il à augmenter le revenu par abonné ?

MATHIAS HAUTEFORT

Il y a deux modèles possibles. Le premier est une option d’abonnement mensuel, dont le prix varie entre 10 et 15 € selon le catalogue de jeux proposé. Il devrait également permettre dans le futur la possibilité d’acheter à l’unité des jeux très populaires. Les revenus générés par ces modèles sont partagés entre l’opérateur télécom, Netgem, Gamestream et les détenteurs de droits. Nous sommes également en pourparlers avec certains opérateurs pour leur présenter un autre modèle consistant à intégrer notre service dans leurs offres haut de gamme en inclusion pour tous leurs clients. Il est important de souligner que les coûts associés au Cloud Gaming ne se limitent pas à la technologie et aux frais de licence des jeux ; ils incluent également des coûts significatifs liés à l’infrastructure serveur.

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Quelle est la vision de Netgem dans la redéfinition de l’expérience télévisuelle et du divertissement à domicile dans les années à venir ?

MATHIAS HAUTEFORT

Notre objectif principal est d’aider les éditeurs à identifier les canaux de distribution les plus efficaces pour leurs contenus numériques. Nous nous concentrons sur l’optimisation de la distribution OTT et sur le rôle crucial que nous jouons en tant que fournisseur de technologies dans l’industrie du divertissement. Notre mission est d’accompagner ces éditeurs dans la digitalisation et la distribution de leurs œuvres via des interfaces aussi unifiées que possible. Nous visons à créer une «Super App», une plateforme tout-en-un regroupant toutes les offres et services disponibles, facilitant ainsi l’accès et l’utilisation pour l’utilisateur final.

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Comment se transforme Netgem ?

MATHIAS HAUTEFORT

Netgem est acteur du marché de plusieurs dizaines de milliards d’euros en Europe de «L’Entertainment Technology». Ce marché est aujourd’hui dépendant de 3 grands axes de distribution des contenus : la salle, l’IPTV via les opérateurs Télécom, et l’OTT via les plateformes. Après avoir cédé notre partie «fibre optique» il y a un an, nous continuons à gérer une base importante de plus de 670.000 abonnés en France, dans les pays nordiques et au Royaume-Uni, pour le compte d’opérateurs, afin de monétiser les productions des éditeurs. Notre expansion s’est portée sur les secteurs de la télévision, des contenus cinématographiques et du cloud gaming, transformant les box en interfaces polyvalentes pour tout type de contenu audiovisuel. Nous avons également renforcé notre présence sur le marché de l’OTT en acquérant deux entités, Eclair Préservation et Eclair Digital Services, et en créant une gamme de produits dédiée au stockage et à la valorisation (numérisation, plateformes VOD) de contenus cinématographiques et audiovisuels, tant physiques que numériques.