Marc Zuckerberg appelle les pouvoirs publics à jouer un «rôle plus actif»

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Le patron et fondateur de Facebook
Mark Zuckerberg appelle samedi les
pouvoirs publics dans le monde à
jouer un «rôle plus actif» pour réguler
Internet, enjoignant notamment
plus d’Etats à s’inspirer des règles
européennes en matière de protection
de la vie privée.
«Je suis convaincu que les
gouvernements et les régulateurs
doivent jouer un rôle plus actif», écrit
Mark Zuckerberg dans une tribune
publiée dans le Washington Post aux
Etats-Unis, le Frankfurter Allgemeine
Zeitung en Allemagne, le Sunday
Independent en Irlande et le Journal
du Dimanche en France.
«Faire évoluer la régulation d’Internet
nous permettra de préserver ce
qu’Internet a de meilleur – la liberté
pour les gens de s’exprimer et
l’opportunité pour les entrepreneurs
de créer – tout en protégeant la société
de préjudices plus larges», poursuit-il.
Mark Zuckerberg estime qu’il faut de
nouvelles règlementations dans quatre
domaines: les contenus violents et
haineux, l’intégrité des élections,
la protection de la vie privée et la
portabilité des données.
Facebook a essayé les critiques sur
ces quatre sujets, depuis les propos
haineux publiés sur le premier réseau
social au monde, l’utilisation de sa
plateforme de vidéo Live par l’auteur
de l’attentat perpétré dans des mosquée
de Christchurch en Nouvelle-Zélande,
les tentatives d’influences étrangères
lors d’élections, et les inquiétudes
concernant les données personnelles
des utilisateurs.
Au sujet de la protection des donn
ées, M. Zuckerberg juge que plus
de pays devraient s’inspirer du
Règlement européen de protection
des données (RGPD), officiellement
entré en vigueur le 25 mai dernier
et qui prévoit des amendes pour
les entreprises en respectant pas la
vie privée des utilisateurs de leurs
services, notamment à des fins de
publicité ciblée.
«Je pense qu’il serait bon pour
Internet que davantage de pays
adoptent une réglementation telle que
le RGPD comme cadre commun»,
écrit Mark Zuckerberg. Concernant
les contenus haineux et violents, le
fondateur de Facebook se range du
côté des «décideurs publics» qui «me
disent souvent que nous avons trop de
pouvoir en matière d’expression».
«Franchement, je suis d’accord»,
écrit-il, proposant la mise en place
d’»organismes tiers» dont le rôle
serait de «définir des standards sur
la diffusion des contenus violents et
haineux et d’évaluer les entreprises
sur la base de ces standards».
Sur la question des élections,
M. Zuckerberg note que les lois
existantes sur la publicité politique
en ligne concernent principalement
les candidats et les élections, «plutôt
que les sujets politiques qui divisent et
sur lesquels nous avons constaté plus
de tentatives d’interférence». Aussi
appelle-t-il à une modernisation de
la législation afin qu’elle reflète «la
réalité des menaces actuelles». «Les
règles régissant Internet ont permis
à une génération d’entrepreneurs de
créer des services, qui ont changé le
monde et créé beaucoup de valeur dans
la vie des gens», écrit M. Zuckerberg.