Mort de Thomas: enquête ouverte à Paris par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) sur des messages haineux et la diffusion des identités des suspects

110

Une enquête a été ouverte par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) à la suite de la diffusion sur internet de messages haineux et de données personnelles en lien avec la mort du jeune Thomas à Crépol (Drôme), a indiqué mercredi le parquet de Paris.

Dans la nuit du 18 au 19 novembre, lors d’un bal à Crépol, Thomas, lycéen de 16 ans, a été mortellement poignardé au cours d’une altercation entre des convives et une dizaine de jeunes extérieurs au village. Huit autres personnes ont été blessées. Neuf personnes, dont trois mineurs, ont été mises en examen pour «meurtre en bande organisée», «tentatives de meurtre» ou «violences volontaires commises en réunion».

Des militants d’ultradroite se sont emparés du décès du jeune Thomas, appelant à des rassemblements notamment à Lyon et à une expédition punitive à Romans-sur-Isère (Drôme), émaillée de heurts. Selon plusieurs médias, certains de ces militants étaient en possession des identités des suspects mis en cause dans la mort de l’adolescent et les ont publiées sur leurs réseaux en ligne. L’enquête, ouverte vendredi, porte sur «des propos publics et diffusés en ligne susceptibles de revêtir les qualifications de doxxing (divulgation de données personnelles avec mise en danger) et d’autres propos publics et en ligne pouvant être qualifiés de menaces de mort, provocation directe à commettre une atteinte à la vie, provocation à la haine», a détaillé le parquet de Paris, confirmant une information du Canard enchaîné.

Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes de haine et la haine en ligne (OCLCH) et la direction zonale de la police judiciaire Sud-Est. L’enquête a été ouverte après des signalements de la plateforme Pharos «et partiellement sur les plaintes transmises par le parquet de Valence», a-t-on précisé.

«Les propos transmis non publiquement, ou transmis à titre privé, les courriers postaux et les appels téléphoniques malveillants» ne sont pas concernés par les investigations car «ne relèvent pas de la compétence du PNLH».

Le parquet de Valence reste saisi de ces faits, a ajouté le parquet de Paris. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mercredi la dissolution d’un groupuscule d’ultradroite, la Division Martel, qui est impliquée dans les actions violentes consécutives à la mort de l’adolescent.