Nokia va quitter la Russie et devoir procéder à des licenciements

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Nokia va quitter la Russie et devoir procéder à des licenciements parmi ses 2.000 employés dans le pays, a annoncé mardi l’équipementier télécoms finlandais.
L’annonce du géant nordique comptant 90.000 employés intervient au lendemain de la décision de son concurrent suédois Ericsson de suspendre indéfiniment ses activités en Russie.
Nokia, qui avait déjà suspendu ses livraisons dans le pays début mars, «peut désormais annoncer qu’il va quitter le marché russe», a-t-il fait savoir dans un communiqué. «Il était clair pour Nokia depuis les premiers jours de l’invasion de l’Ukraine que maintenir notre présence en Russie ne serait pas possible», a affirmé le patron du groupe finlandais, Pekka Lundmark, sur Twitter.
Nokia compte 2.000 employés en Russie, dont 200 environ dans la recherche et développement, a indiqué une porte-parole. «Malheureusement, dans ces circonstances, des suppressions d’emploi sont inévitables. Néanmoins, pour certains postes en dehors de Russie, nous proposerons des mutations», a-t-elle déclaré dans un courriel.
«La sécurité et le bien-être de nos employés sont notre priorité et nous voulons faire ces changements de façon ordonnée», a assuré Maria Vaismaa, responsable des relations publiques du groupe. Cette décision va aussi se traduire par une provision de 100 millions d’euros dans les comptes de Nokia au premier trimestre, publiés à la fin du mois. La Russie a représenté «moins de 2%» du chiffre d’affaires de Nokia en 2021 et le groupe dit maintenir ses prévisions financières pour 2022 «du fait de la forte demande dans d’autres régions». À la mi-journée, l’action du groupe perdait 1% à 4,88 euros à la Bourse d’Helsinki dans un marché en léger recul (-0,1%).
Lundi, le concurrent suédois de Nokia, Ericsson, avait annoncé suspendre indéfiniment ses activités en Russie et mettre ses 600 employés en congés payés.
Le retrait et le gel des deux poids lourds occidentaux en Russie laisse la voie libre à leur principal concurrent, le Chinois Huawei – les trois groupes se partagent l’essentiel du marché d’installation des réseaux 4G et 5G à travers le monde.
Numéro un mondial du secteur jusqu’à l’an dernier, le géant chinois a vu sa part chuter sous l’effet d’un mouvement de boycott dans plusieurs pays occidentaux mené par les États-Unis. Des centaines d’entreprises principalement occidentales ont annoncé la suspension de leurs activités ou leur départ de Russie depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février et les importantes sanctions frappant Moscou.