O. MONTELS (France 3) : «L’ancrage territorial de France 3 se réaffirme»

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L’ancrage territorial de France 3 se réaffirme. La chaîne du service public se met en ordre de bataille pour régionaliser un maximum son antenne à travers de multiples initiatives à la fois éditoriales et stratégiques. Pour nous en parler plus précisément, média+ s’est entretenu avec Olivier MONTELS, Directeur du réseau régional de France 3.

MEDIA +

Comment se traduisent les efforts de régionalisation de France 3 ?

OLIVIER MONTELS

L’ancrage territorial de France 3 se réaffirme jour après jour, de semaine en semaine. Nous travaillons sur la singularité de la chaîne. A cet égard, nous avons programmé hier soir, lundi 18 mars, «D’ici et d’ailleurs»,  une nouvelle collection documentaire composée de 13 films, un par région, qui sont autant de récits de la France multiculturelle d’aujourd’hui. Cette capacité d’avoir 13 regards complémentaires sur une question précise, nous souhaitons la développer. Quand les régions parlent ensemble, que ce soit en mode débat, documentaire, magazine ou information, elles sont capables de proposer une photographie unique de la France, comme aucun autre média ne peut le faire.

MEDIA +

Comment allez-vous intensifier cette démarche à l’avenir ?

OLIVIER MONTELS

Plusieurs projets sont en cours. Durant la semaine du 25 mars 2019, nous travaillerons sur les commerces de proximité à travers une grande opération qui touchera à la fois les documentaires, l’information et les magazines de France 3. A cette occasion, nous diffuserons la série documentaire de Patrice Lecompte, «Boutiques obscures» qui nous emmène à la découverte des magasins étranges sur lesquels le temps ne semble pas avoir d’effet.

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France 3 se met en ordre de bataille pour faire la place belle aux régions. Quelle est votre marge de manœuvre?

OLIVIER MONTELS

Cette politique de régionalisation de France 3 est d’abord portée par Delphine Ernotte, Présidente de France Télévisions. En ce sens, nous travaillons avec Takis Candilis sur la grille de la chaîne. Une des décisions rendue officielle récemment, est celle d’intégrer «Le Village Préféré des Français» à France 3. La régionalisation s’illustre à la fois dans les programmes régionaux à travers les 24 antennes régionales, mais aussi sur l’antenne nationale. L’arrivée d’«Echappées Belles» version France, le dimanche en début d’après-midi sur France 3, traduit cette volonté. Nous sommes la chaîne qui raconte les régions.

MEDIA +

Début janvier, France 3 a lancé de nouvelles émissions matinales, dans chacune des régions. Quel premier bilan dressez-vous ?

OLIVIER MONTELS

Nous sommes plutôt satisfaits du contenu de l’ensemble des émissions matinales «Ensemble, c’est mieux !» programmées entre 10h50 et 11h42 et focalisées sur les valeurs d’entre-aide et de solidarité. Côté audience, nous enregistrons une relative stabilité par rapport à ce que faisait «Midi en France» et le journal des régions. Notre objectif est évidemment de progresser pour atteindre 5% d’audience. Nous sommes optimistes.

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Mais pour obtenir ces programmes régionaux, il faut généralement prendre son mal en patience pour rechercher la chaîne sur les box…

OLIVIER MONTELS

C’est exact ! Régionaliser France 3 sans géo-localiser les box des opérateurs, c’est un problème. il s’agit de l’un de nos combats majeurs dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel. Techniquement, c’est possible. Des opérateurs le font, d’autres non et certains attendent. Nous avons abordé la question auprès de la tutelle. 

MEDIA +

Y’a-t-il des différences substantielles d’audience en fonction des régions ?

OLIVIER MONTELS

Oui, absolument ! D’ailleurs, si on détaille les audiences d’un programme national, région par région, il est plus ou moins regardé en fonction des territoires. Cette différence d’appréciation est valable pour tous les contenus que diffusent les chaînes.

MEDIA +

L’ancrage territorial de France 3 se réaffirme. Quels sont vos objectifs ?

OLIVIER MONTELS

La ministre de la Culture nous avait demandé le triplement de l’offre régionale sur France 3 pour atteindre 6 heures par jour d’ici à 2022. Nous y parviendrons ! Nous avons déjà augmenté la part des programmes régionaux sur l’ensemble des matinées de France 3. Nous multiplions aussi les prises d’antenne événementielles dans les régions. Nous travaillons à développer les contenus, les documentaires, leur visibilité, que ce soit sur l’antenne linéaire ou non linéaire. Nous enregistrons par exemple 34 millions de visites sur nos 13 sites régionaux (en janvier 2019, ndlr).

MEDIA +

Continuez-vous à travailler étroitement avec France Bleu ?

OLIVIER MONTELS

Oui, nous réalisons des expérimentations sur des matinales de France Bleu diffusées sur France 3, à Nice et à Toulouse. Nous allons mesurer l’audience et analyser le programme d’un point de vue artistique et éditorial, avant de prendre la décision éventuelle de développer cette initiative.

MEDIA +

Comment l’image de la télévision régionale évolue-t-elle ?

OLIVIER MONTELS

La télévision régionale est devenue sexy. Nous sommes modernes et les programmes se tiennent. On est bien loin de la télévision des Inconnus. En matière de visibilité, nous avons toujours été trop invisibles dans les process de communication nationaux, dans les pages TV et ailleurs. L’intérêt pour la télévision régionale est relativement récent. D’ailleurs, il y a une phrase que j’aime bien : «80% des Français vivent en dehors de Paris, ça tombe bien, nous aussi».