O. RAVANELLO (Groupe TF1) : «Le prochain pari consistera à craquer l’équation de l’équilibre économique d’un média digital»

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L’information du Groupe TF1 renforce son offre de contenus audio et met en ligne 5 podcasts natifs, en accès gratuit sur les principales plateformes de diffusion et sur LCI.FR. Le développement de la production de podcasts s’inscrit dans la stratégie de création de contenus premiums adaptés à tous les publics, dans de nouveaux formats. Entretien avec Olivier RAVANELLO, Directeur adjoint à l’information digitale du Groupe TF1.

MEDIA +

L’information du Groupe TF1 renforce son offre de podcasts. Pourquoi tous les médias se focalisent-ils sur ce format ?

OLIVIER RAVANELLO

L’enjeu de l’information est lié à un enjeu d’usage. En plus de proposer du contenu, il faut offrir au public de nouvelles façons de s’informer. A l’évidence, nous devons être capables sur le digital de proposer l’information du Groupe TF1 sous toutes ses formes. Vous la retrouvez déjà via notre cœur de métier, à savoir les reportages que l’on retrouve dans les JT de 13H et de 20H de TF1, mais aussi sur l’antenne de LCI. L’info passe également par l’écrit puisque nous avons une rédaction de près de 40 journalistes qui traitent l’actualité en temps réel en allant toujours plus loin. Enfin, il nous manquait une offre de podcasts et d’écoute. Pour cette nouvelle offre, nous avons tenté de nous affranchir des codes et des a priori.

MEDIA +

Comment se décline votre offre de podcasts ?

OLIVIER RAVANELLO

En trois piliers ! Le premier pilier s’appuie sur la création de podcasts natifs tels que «Expertes à la Une» créé par Christelle Chiroux qui donne la parole aux femmes et à leur expertise, «Les gens qui lisent sont plus heureux» sur la littérature et les livres, et un podcast culture «Le cinéma, c’est la vie en mieux» avec Jérôme Vermelin. La deuxième offre permet de réécouter les débats que l’on entend sur LCI quelques heures après leur diffusion. C’est typiquement le genre de contenus que l’on écoute tout autant que l’on regarde : Éric Brunet, David Pujadas et ses chroniqueurs à l’approche dialectique, le débat d’Arlette Chabot ou encore l’interview de Darius Rochebin. Ces contenus seront disponibles dans quelques jours. Pour le troisième pilier, il y a une partie de nos reportages TV qui nous font voyager. Voilà pourquoi nous lançons avec Jean-Pierre Pernaut «Au cœur des régions», une offre audio qui propose de réécouter les reportages ayant un univers sonore enrichi.

MEDIA +

A défaut de faire des podcasts, encore faut-il le faire savoir ?

OLIVIER RAVANELLO

Le faire savoir est primordial. On va donc se servir du site lci.fr pour intégrer les liens podcasts dans l’essentiel des articles qui parlent des thématiques concernées, de manière à drainer de l’audience. L’ambition est de proposer une expérience à 360°. On se dote de cette palette de formats pour pouvoir s’adresser à tout le monde et à tous les publics.

MEDIA +

Pourtant, l’offre de podcasts était jusqu’à présent très ciblée ?

OLIVIER RAVANELLO

C’est exact, il y avait des podcasts très ciblés autour de communautés aux centres d’intérêt très spécifiques (la tech, les start-up, la RSE,…). De l’autre côté, des radios ne proposaient que le replay de leurs programmes. Pour moi, l’enjeu est de capter un public entre les deux. Ce sont des auditeurs que l’on va pouvoir mobiliser sur des thématiques plus larges et un peu moins pointues. On retrouve ainsi notre ADN qui est de faire de l’information grand public.

MEDIA +

Le podcast s’adresse-t-il à un public plus jeune ?

OLIVIER RAVANELLO

Je me méfie des certitudes du moment. Pourquoi un public de 40 ou de 60 ans ne prendrait pas l’habitude d’écouter des contenus en podcast. Notre devoir d’informer à TF1, est de ne laisser personne sur le côté de la route en termes d’usage.

MEDIA +

Le Groupe TF1 et ses rédactions se mobilisent en lançant deux nouveaux labels au service de leurs publics, encourageant une information plus transparente et à impact positif. Pourquoi ?

OLIVIER RAVANELLO

Pour une question de cohérence. Soucieuse des enjeux environnementaux, LCI a lancé une nouvelle rubrique, «Impact Positif», consacrée aux initiatives écologiques et sociales qui font avancer la société. Nous retrouvons ainsi sur lci.fr tout ce qui a été produit par les différentes éditions d’information, accompagné d’une production d’articles et de podcasts. D’autre part, les rédactions du groupe TF1, LCI, et LCI.fr se sont dotées d’une cellule de «Vérificateurs de l’info» dédiée à la traque des fake news, des affirmations tendancieuses ou complotistes qui gangrènent l’information et le débat public.

MEDIA +

Créer des contenus vidéo exclusifs sur le digital, est-ce envisagé ?

OLIVIER RAVANELLO

Pour nous, l’enjeu est d’avoir une production écrite et audio originale qui complète la production des reportages de TF1 et LCI. Mais nous essayons, d’aller vers un public plus jeune avec des vidéos verticales sur Instagram avec LCI Play. Et la preuve que cela fonctionne puisque notre communauté a doublé en 6 mois.

MEDIA +

Quelle future tendance percevez-vous ?

OLIVIER RAVANELLO

Le prochain pari consistera à craquer l’équation de l’équilibre économique d’un média digital. Cette problématique, chacun l’aborde à sa manière. Mais pour relever ce défi, nous devons travailler autour de l’usage pour apporter une valeur supplémentaire. Cela rejoint notre volonté de proposer une offre à 360°. Il est important de comprendre que les usages changent. Ce n’est pas à l’info de se remettre en cause. En revanche, il faut savoir comment nous l’adressons, comment nous la distribuons et comment nous la consommons. C’est cet enjeu qui va nous mobiliser ces prochains mois.