Obésité infantile: Gulli contre-attaque avec une émission sur la nutrition

La chaîne pour enfants Gulli lance une émission sur la nutrition, comme une contre-attaque dans le débat sur l’obésité et la suppression de la publicité pour certains aliments dans les programmes jeunesse, mais l’association UFC-Que choisir déplore «une mesure cosmétique». Dans l’émission «C moi qui régale», diffusée sur cette chaîne gratuite de la TNT le samedi à 19h40 à partir du 18 octobre, le jeune chef Benjamin Darnaud débarque dans une famille, analyse le contenu de son frigo et fait les courses afin de réaliser un repas avec les enfants. Le nutritionniste Jean-Michel Cohen est mis à contribution. L’objectif est d’apprendre à «manger équilibré en se faisant plaisir». «Rien n’est interdit», explique M. Cohen, précisant: «OK pour la mousse au chocolat, mais dans une portion raisonnable et avec des fruits». La première émission sera diffusée le 18 octobre, à la fin de la semaine du goût. La chaîne M6 a elle programmé à cette occasion «Vinz et Lou mettent les pieds dans le plat», une série de 14 épisodes de 2′ diffusée à 7h30 pour «apprendre aux 7-12 ans à bien manger». Emmanuelle Guilbart, présidente de Gulli (partenariat France Télévisions et Lagardère), ne s’en cache pas: cette nouvelle émission est «clairement une réponse» au débat sur la suppression de la publicité des aliments trop sucrés, salés, gras dans les programmes jeunesse pour lutter contre l’obésité. Cette mesure avait été annoncée en février par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Elle avait aussitôt soulevé une vive polémique entre d’un côté des représentants du monde médical et des associations de consommateurs et de l’autre, les médias diffusant des programmes jeunesse, soutenus par le ministère de la Culture. Mais depuis fin juillet, les ministères ne se sont plus prononcés sur le sujet. L’UFC-Que choisir déplore «un blocage» du dossier au niveau gouvernemental et espère que les députés vont se saisir de la question. Emmanuelle Guilbart, elle, fait part d’une «grande inquiétude». Si cette publicité, «qui représente 30% des revenus de la chaîne», est supprimée, «c’est le modèle même de Gulli qui est en question», assure-t-elle, soulignant que le marché publicitaire est déjà particulièrement tendu. «On dit aux partisans de la suppression: «laissez-nous faire notre métier»», lance-t-elle, précisant: «J’espère qu’avec une vraie émission métier «sur la nutrition, ils verront l’intérêt de l’éducation par la télévision»». Mais pour Olivier Andrault, responsable alimentation à l’UFC-Que-choisir, «ces émissions sont des mesures cosmétiques qui ne règlent pas le coeur du problème». «On va continuer à avoir au milieu des programmes jeunesse des publicités qui portent sur des produits contribuant à l’augmentation de l’obésité chez les enfants».

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