OneWeb, pourtant en faillite, demande l’autorisation de pouvoir lancer jusqu’à 48.000 satellites

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L’opérateur de satellites OneWeb, que l’épidémie due au coronavirus a pourtant conduit à se déclarer fin mars en faillite, a annoncé mercredi avoir demandé l’autorisation de pouvoir lancer jusqu’à 48.000 satellites de télécommunications.
La société «a soumis une demande de modification à la Commission fédérale américaine des communications (FCC) pour augmenter le nombre de satellites de sa constellation jusqu’à 48.000», indique-t-elle dans un communiqué.
«Cette constellation OneWeb plus importante permettra une plus grande flexibilité pour répondre aux demandes de connectivité mondiale en plein essor», argue-t-elle.
OneWeb dispose actuellement des autorisations de fréquences pour 720 satellites et a déposé ces dernières années plusieurs demandes auprès de la FCC pour pouvoir en augmenter le nombre.
Le déploiement de sa constellation en orbite basse visant à fournir de l’internet à haut débit partout dans le monde doit compter 648 satellites dans une première phase, dont 74 sont déjà en orbite.
«Cette augmentation significative de la taille de la constellation OneWeb permet une flexibilité à long terme et garantit que nous serons prêts pour la demande, la croissance future et les changements technologiques à venir», affirme le Président Directeur Général Adrian Steckel, cité dans le communiqué. Cette course au gigantisme avec SpaceX inquiète. La société du milliardaire Elon Musk, qui a déjà quelque 300 satellites de sa constellation Starlink en orbite, a demandé les autorisations pour pouvoir en lancer 42.000.
Les acteurs du secteur craignent l’encombrement des orbites terrestres basses, jusqu’à 1.500 ou 2.000 km. Il y a aujourd’hui un peu plus de 2.100 satellites actifs en orbite autour de la Terre, sur environ 23.000 objets catalogués en orbite (étages de fusées, satellites inactifs, débris…).
En cherchant à sécuriser le droit d’utiliser des fréquences disponibles, OneWeb cherche aussi à présenter un meilleur visage à d’éventuels repreneurs.
La société n’a pas réussi à lever deux milliards de dollars supplémentaires pour financer sa constellation et dû se placer le 27 mars sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.
Elle «poursuit son processus de restructuration et de vente et a reçu des marques d’intérêts considérables du monde entier» pour une reprise, affirme-t-elle dans le communiqué.