Originalité et disponibilité : les clés du succès des contenus

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Regarder un programme TV aujourd’hui en live, demain en replay ou en prenant de l’avance sur ce qui sera diffusé ces prochains jours ou semaines grâce au preview ? En 2019, de nouvelles façons de visionner les programmes TV s’inscrivent dans les habitudes des téléspectateurs. C’est entre autres ce qu’il ressort de la conférence NoTa qui s’est tenue jeudi matin sur le bilan 2019 des usages et tendances de contenus TV à travers le monde. Si le live représente encore la grande majorité de la durée d’écoute quotidienne de la télévision, d’autres pratiques s’installent, à commencer par le replay qui représente aujourd’hui une alternative bien connue des téléspectateurs. Ainsi, en 2019, sur les 3h40 de télévision consommées en moyenne chaque jour dans un agrégat de 5 pays (France, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Etats-Unis), 10% le sont en différé. Un usage qui séduit de plus en plus et ce, quel que soit l’âge, la pratique n’étant plus l’apanage des plus jeunes. Quant au preview, ou possibilité de visionner un programme en amont de sa diffusion en live, il constitue un formidable booster d’audience pour les programmes le proposant. Au Royaume-Uni par exemple, le preview, lorsqu’il est disponible, permet d’apporter à un programme 37% d’audience additionnelle. Le divertissement reste un genre puissant pour rassembler tous les publics devant l’écran de télévision, souvent dans le cadre familial. Epousant cette tendance, le concept «d’emotainment» représente les contenus générant des émotions positives autour de la musique, de la nostalgie ou de la fête. Sur son 1er mois de diffusion, le programme «Song of my life» (Yle TV1, Finlande), qui revient en musique sur les événements de la vie personnelle et professionnelle d’invités célèbres, a ainsi boosté l’audience du Prime Time de la 1ère chaîne du pays de plus de 50% auprès de sa cible, les 25-44 ans. Très populaires et fédérateurs également, les jeux télévisés séduisent les téléspectateurs. «The Way Out» (VTM, Belgique), format hybride entre expérience scientifique et challenge physique teinté d’humour, a permis à la chaîne d’augmenter sa part de marché du mercredi soir de près de 80% en moyenne sur 4 épisodes. Du côté des programmes factuels, enfin, si la recherche d’émotion est toujours présente, le succès réside dans les contenus privilégiant l’entraide et suscitant l’engagement du public, toutes générations confondues. Reflet de l’actualité sociale de la société, le programme «The Key» (RTL4, Pays-Bas), par exemple, offre la possibilité aux sans-abris de s’installer dans un logement pour un nouveau départ. L’émission a augmenté l’audience moyenne de la chaîne de près de 75% sur les 20-34 ans pour son lancement. Avec 4.700 programmes lancés en 2019, la fiction demeure un genre dominant des contenus télévisés. Deux tendances émergent ou se renforcent cette année: les fictions basées sur des faits réels (divers ou historiques) et, à l’opposé, celles mettant en scène le surnaturel. Les documentaires décortiquant des faits divers ou encore des crimes pas toujours élucidés, remportent ainsi un succès sans faille. Le phénomène s’étend désormais aux fictions, avec la même exigence dans la recherche de vérité et d’informations. A l’image de la série «Stanley H.» (NPO3, Pays-Bas), relatant l’histoire de Stanley Hillis, l’un des plus célèbres criminels du pays. Jusqu’à présent définies comme un contenu de niche, les séries fantastiques ou horrifiques sont-elles en passe de devenir les succès d’audience de demain ? Cela se pourrait bien au regard du choix de la BBC de programmer la mini-série britannique «Dracula», créée par les auteurs du succès «Sherlock», ou des performances enregistrées par «Hotel Del Luna» (TVN, Corée du Sud). Diffusée sur la 4e chaîne coréenne la plus importante, cette série a multiplié l’audience moyenne de la chaîne par 3,5 auprès des 15-34 ans, sur les 8 premiers épisodes.