P. CHARLES (France Télévisions) : «Avec ‘Sur le front’, nous souhaitons toucher un public élargi et plus jeune»

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La thématique de l’environnement a le vent en poupe sur France Télévisions. Ce mardi 26 novembre à 21h05, France 2 lance son nouveau format «Sur le front» (120’), une émission produite par Winter Productions et incarnée par le journaliste Hugo Clément. Ce format inédit a pour ambition de nous emmener au plus près des femmes et des hommes qui se battent pour la cause environnementale dans tous les pays de la planète. Tour d’horizon avec Patrick CHARLES, Directeur des magazines de France Télévisions.

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Quelle place France Télévisions souhaite-t-elle accorder à l’environnement dans ses magazines ?

PATRICK CHARLES

Il s’agit d’une thématique très importante. L’environnement est d’ailleurs un sujet que l’on porte au niveau du groupe France Télévisions, sur nos chaînes linéaires et numériques. Le premier étage de la fusée s’est tenu le 15 octobre dernier en Prime Time sur France 2 avec «L’Émission pour la Terre», qui a été un succès (2,3 millions de téléspectateurs et 12,3% de pda, ndlr). Cela nous conforte dans l’idée qu’il faut creuser le sillon. «Sur le front» est le deuxième étage de la fusée. C’est l’occasion de dévoiler des images exceptionnelles de la nature mais surtout de montrer que l’engagement et la mobilisation des citoyens portent leurs fruits. 

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Sur combien d’épisodes la collection «Sur le front» va-t-elle se décliner sur France 2 ?

PATRICK CHARLES

Pour l’instant, il s’agit d’une série de 4 films de 120’. Nous allons les diffuser d’ici la fin de l’année 2020. Pour le premier numéro, diffusé ce mardi 26 novembre en première partie de soirée, l’équipe s’est immergée «Sur le front des océans». Hugo Clément accompagne ceux qui se mobilisent contre les principales menaces actuelles: la surpêche, la pollution engendrée par le plastique, le blanchissement des coraux provoqué par le réchauffement de l’eau et les activités industrielles.

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Quel défi représente ce nouveau format ?

PATRICK CHARLES

Il s’agit d’un véritable challenge d’être programmé en Prime Time sur France 2. Nous sommes ambitieux et nous croyons que le téléspectateur est véritablement sensible à cette thématique environnementale. «Sur le front» veut toucher un large public, celui de nos chaînes linéaires, mais également un public élargi et plus jeune. Il est vrai que Hugo Clément sur les réseaux sociaux a sa propre communauté. «Sur le front» est un projet qui conjugue au départ le linéaire et le numérique.

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La mise en place d’un tel format doit-elle passer obligatoirement par une incarnation ?

PATRICK CHARLES

Oui, je le pense. L’écriture développée dans le cadre de cette collection est novatrice. L’équipe part à travers le monde, enquête, et emmène le téléspectateur dans ses aventures. Dans sa manière d’incarner ces sujets, Hugo Clément reprend des codes du numérique : il partage son ressenti, souligne des éléments clefs de l’enquête en se filmant sur le mode selfie. Nous avons conscience que nous évoquons des thèmes lourds, qui peuvent parfois déprimer. C’est pourquoi notre parti est de faire un journalisme engagé et de solutions. Les intervenants sont variés (scientifiques, bénévoles, militants…) et issus de toutes les générations. Nous voulons montrer qu’il y a des pistes et des possibilités pour sauver les océans.

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Quelle feuille de route donnez-vous plus généralement aux magazines de France Télévisions ?

PATRICK CHARLES

Nous avons la chance d’avoir des incarnants légitimes sur nos différents magazines : Elise Lucet, Michel Cymès, Jamy Gourmaud,… Le public les suit parce qu’ils ont confiance en eux. La feuille de route cette saison consiste à conforter les marques existantes. A la fin de l’année, nous aurons par exemple un numéro spécial du «Monde de Jamy» sur France 3 consacré à l’anniversaire des 20 ans de la grande tempête qui avait frappé la France en décembre 1999.

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De nouveaux magazines seront-ils lancés dans les mois à venir ?

PATRICK CHARLES

Nous travaillons sur d’autres projets. Mais ils n’aboutiront pas avant la rentrée prochaine. 

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Parmi les autres chantiers, souhaitez-vous clairement vous ouvrir à un public plus large ?

PATRICK CHARLES

C’est exact ! Et cela passe aussi bien par le fond que par la forme. Quand l’occasion se présente, sur des magazines moins exposés, nous souhaitons les mettre en première partie de soirée pour toucher entre 2 et 3 millions de téléspectateurs. Fin août, nous avions monté un Prime de «Tout compte fait», le magazine de Julian Bugier.

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Les deuxièmes parties de soirée restent-elles importantes pour vous ? 

PATRICK CHARLES

Évidemment ! Nous travaillons sur de nouveaux projets autour de thématiques plus pointues. L’environnement demeure une problématique importante y compris en deuxième partie de soirée puisque le sujet est transverse. Il y a un vrai intérêt de l’ensemble des Français, toutes générations confondues. Les politiques en prennent la mesure aussi.